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05/11/2016

La relaxe pour Jean François Chalot ! Communiqué du comité de défense de l'hôpital de Melun

C’est avec stupéfaction que le Comité de défense de l’hôpital de Melun a appris que Jean François Chalot, l’un de ses membres, était convoqué le jeudi 10 novembre devant le tribunal correctionnel de Melun suite à une plainte déposée par le directeur du centre hospitalier Marc Jacquet.

Qu’est-il reproché à Jean François Chalot ? D’avoir mis en relation deux faits qui se sont déroulés dans la même période : la mort d’un SDF dans sa voiture garée sur le parking de l’hôpital et l’inquiétude affichée publiquement par le directeur de l’hôpital de voir des SDF squatter des bâtiments du centre hospitalier.

Le comité de défense de l’hôpital de Melun combat depuis des années :
- contre la privatisation de la chirurgie dans la cadre de la plateforme public-privé avec la clinique Saint Jean,
- pour que l’hôpital reste un hôpital de plein exercice 100% public avec tous ses services,
- contre les fermetures de services, de lits et de postes,
- pour que les lois Bachelot et Touraine soient abrogées.

Les pouvoirs publics, les autorités de tutelle sont restées insensibles aux milliers de signatures réunies par le comité de défense.
Et aujourd’hui, l’un de ses militants est traîné devant les tribunaux pour un billet d’humeur dont les faits qu’il relate ne peuvent être contestés !

Le comité de défense assure Jean François Chalot de son soutien.
Pour le comité, il n’y a qu’une exigence conforme à la justice : la relaxe totale de notre camarade.

Melun, le 3 novembre 2016

26/09/2016

Le droit à l'avortement en passe d'être interdit et criminalisé en Pologne !

 Fruit de longues luttes du mouvement féministe et progressiste, le droit à l'avortement est une conquête essentielle et une des grandes étapes de l'émancipation des femmes. C'est dans une presque indifférence que ce droit est en train d'être attaqué et remis en cause en Pologne. Dirigé d'une main de fer par le parti ultra-conservateur Droit et Justice depuis le printemps 2015, la Pologne est en train de prendre un inquiétant virage réactionnaire. Appuyé par la hiérarchie de la  puissante Église catholique polonaise, le gouvernement est en train de faire passer au Parlement une loi qui interdirait, non seulement l'avortement, mais criminaliserait les femmes qui tenteraient d'y avoir accès clandestinement ainsi que les médecins qui leur viendraient en aide. Une peine pouvant aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement serait infligée aux récalcitrant(e)s à ce nouvel ordre moral qui exalte les valeurs de la famille traditionnelle et renvoie les femmes polonaise à l'âge de pierre.
 Déjà réduite à sa portion congrue et réservée aux cas extrêmes (viol, malformation détectée lors de la 1er échographie) l'IVG se verrait donc bientôt purement et simplement rayée d'un trait de plume dans un pays membre de l'UE depuis 2004. Ce droit à l'avortement a déjà été menacé à plusieurs reprises ces dernières années en Pologne. Aux début des années 1990 une mobilisation de masse de la société polonaise avait repoussé un premier assaut contre la liberté des femmes. En 2011, la droite catholique et réactionnaire était, en vain, revenue à la charge.

 Une pétition, déjà signée par plus de 300 000 citoyens polonais, circule dans le pays et tente d'alerter les populations sur cette régression qui se prépare. Des manifestations ont déjà eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays mais l'action de protestation est encore trop faible pour faire reculer le gouvernement. Les autorités de l'UE, pourtant si promptes à intervenir pour contrer les politiques anti-austérité en Grèce ou au Portugal, restent pour l'heure de marbre. La riposte se prépare néanmoins et un rassemblement de protestation est organisé devant l'ambassade de Pologne à Paris le 2 octobre.

Défendre les droits des femmes polonaises et faire connaître leur combat est une impérieuse nécessité au moment où, en France aussi, mais de manière plus insidieuse, le droit à l'avortement est attaqué. Fermeture de centres IVG, propos publics et répétés de dirigeants de droite et d'extrême-droite menaçant de dérembourser cet acte si d'aventure ils prenaient le pouvoir, culpabilisation des femmes par les intégrismes de tout poil : ici aussi l'heure est à la mobilisation générale.

 Julien GUERIN

28/08/2016

Un itinéraire militant, de Jean-François Chalot : le parcours d’un instituteur du peuple

Paru récemment le livre autobiographique de notre ami Jean-François Chalot retrace son parcours militant et personnel avec beaucoup de finesse et d’émotion. Élu municipal à Vaux le Pénil, militant laïque et politique, ancien instituteur syndicaliste, Jean-François possède plus d’une corde à son arc. Lire cet ouvrage d’un peu plus de cent pages c’est replonger dans plus de 50 ans d’histoire politique, sociale et militante où notre camarade fut très souvent en première ligne du combat pour la justice sociale, la laïcité et l’égalité.

 

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Instituteur et activiste

Né en 1948 dans le village de Blandy les Tours, à l’Est de Melun où son père est directeur d’école, c’est un enfant déjà rebelle mais qui, très tôt, a contracté le virus de la lecture qui, aujourd’hui encore, demeure sa grande passion. On suit alors le parcours du jeune normalien qui devient instituteur en même temps qu’il plonge dans le bain militant en adhérant aux Jeunesses socialistes SFIO (le PS de l’époque) et au puissant SNI (syndicat national des instituteurs) auquel il va consacrer son énergie et son temps. Mai 68 lui fait découvrir les militants trotskistes de la Jeunesse communiste révolutionnaire qu’il rejoint avec enthousiasme tant la sclérose de la SFIO parait alors avancée et irréversible. Au cours de ces brûlantes années 70, où la jeunesse s’engage en masse dans les rangs d’organisations de gauche et d’extrême-gauche, Jean-François prend toute sa part aux combats de l’époque : la lutte contre la guerre du Vietnam, la solidarité avec le Chili d’Allende, les comités de soldats et les bagarres pour les droits démocratiques des jeunes appelés à l’armée. Son activisme dans les rangs trotskistes ne l’éloigne cependant jamais du terrain où sa pratique professionnelle, inspirée des méthodes de pédagogie active et antiautoritaire de Célestin Freinet, le met en contact quotidien avec les enfants de communes rurales et populaires de Seine et Marne. Il devient également au cours de ces années un pilier de la tendance Ecole Emancipée qui rassemble en son sein les enseignants révolutionnaires et antistaliniens. Militant syndical et politique, il est un constant et ardent défenseur de l’indépendance du mouvement social vis-à-vis des appareils qui voudraient le contrôler.

Le combat laïque et l’éducation populaire

Quittant avec son épouse, elle aussi institutrice, et ses enfants la Seine et Marne à la fin des années 70 il vit et travaille quelques années en Mayenne. Dans un département conservateur, empreint de culture catholique, Jean-François est un actif animateur du grand combat laïque pour la défense d’une école publique unifiée, projet abandonné en rase campagne par le gouvernement de Pierre Mauroy en 1984. Revenu dans sa Brie natale il demeure un actif militant de l’Ecole Emancipée mais se tourne de plus en plus vers le monde associatif de l’éducation populaire. Il termine sa carrière professionnelle dans le Val de Marne comme animateur aux Francas (francs et franches camarades) avec la même envie de transmette ses valeurs émancipatrices à la jeunesse.

A la recherche d’un nouveau parti des travailleurs et des exploités

Avec courage, l’auteur nous fait également part de son expérience d’entrisme au sein du parti socialiste. A la demande de la LCR il rejoint les rangs du courant chevènementiste Socialisme et République en Seine et Marne et devient, à ce titre, membre du bureau fédéral du PS 77 entre 1988 et 1991. Il s’engage corps et âme dans la lutte contre la guerre du Golfe, tente d’entrainer les militants PS sur sa ligne avant de rallier le MDC crée par JP Chevènement en 1993. Il rompra vite avec le mouvement qui se perd bientôt en tentant de rallier « les républicains des deux rives ». Sa rupture avec la LCR est consommée en 2001 après la scission de l’Ecole Emancipée. Après un court passage au Parti de gauche, Jean-François milite désormais au Parti ouvrier indépendant démocratique (POID), petit mouvement trotskiste très implanté dans le mouvement syndical. Mais là n’est plus l’essentiel de l’activité militante de notre camarade.

Avec le peuple au quotidien

En 2003, à l’heure de retraite il a créé, avec d’autres bénévoles, l’association Familles Laiques de Vaux le Pénil. En dix ans la structure s’est ancrée dans le paysage local en proposant des cours d’alphabétisation, de l’aide aux devoirs et des permanences « surendettement » dans tous les quartiers de l’agglomération melunaise. Le droit au logement et le refus des expulsions locatives est également une priorité dans l’action militante de Jean-François. Etre avec le peuple et organiser son combat sur des bases unitaires et laïques pour disputer le terrain aux mouvements religieux réactionnaires est devenu une des plus fermes convictions de Jean-François ces dernières années. C’est guidé par cette idée qu’il est élu à Vaux le Pénil sur la liste de gauche de Pierre Herrero, qui signe une belle postface à l’ouvrage, où il œuvre au développement des associations de la ville.

 

Ce livre est un témoignage éclairant sur une vie de combats pour une société égalitaire et démocratique en même temps qu’une volonté de transmettre le flambeau aux jeunes générations. J’ai moi-même côtoyé Jean-François ces dernières années et j’ai aimé sa passion, son énergie, son envie de changer le monde. Fermant l’ouvrage et songeant à notre camarade toujours actif pour faire reculer l’injustice ce sont les mots de Victor Hugo qui viennent à l’esprit lorsqu’il déclara en 1849 : « je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli ».

Julien GUERIN

Lire : Jean-François Chalot, Un itinéraire militant, le Scorpion brun, 8€

 

 

23/08/2016

Largo Caballero, un socialiste espagnol à l'épreuve de l'histoire, par Julien Guérin

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Dirigeant de premier plan du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol et du syndicat UGT durant l'entre-deux guerres, Francisco Largo Caballero fut une figure majeure du mouvement ouvrier. Ministre lors des premiers gouvernements de la seconde République espagnole, partisan d'un pacte entre toutes les tendances du mouvement ouvrier, chef du gouvernement après le déclenchement de la guerre civile, il est une figure incontournable pour essayer de saisir les enjeux de la période, la lutte pour le socialisme, les succès et les échecs de la seconde République espagnole et ceux du camp républicain face au coup d'état militaire et à l'insurrection armée de la droite et de l'extrême-droite espagnole.

Notre camarade Julien Guérin se penche de près sur l'homme et son action dans un ouvrage paru récemment aux Éditions de Matignon, que nous vous invitons à vous procurer.

 

Largo Caballero - Un socialiste espagnol à l'épreuve de l'histoire, par Julien Guérin, Éditions de Matignon, 7€

13:46 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)

11/05/2016

Publication de Député, et alors !!!, par Jean-Pierre Fourré

Peut-on vraiment échapper à l’attrait du Pouvoir, celui qui permet de se considérer comme «supérieur aux autres», d’« avoir réussi», d’«être le plus fort» ?

La réponse positive de Jean Pierre Fourré n’est pas une simple affirmation de principe. En nous transportant dans son quotidien, il nous plonge dans ces situations de Pouvoir auxquelles il ne s’attendait pas.

Salarié d’une petite entreprise il se retrouve à présider les séances de l’Assemblée Nationale pour connaître douze années après les lendemains de la défaite.

A travers des anecdotes il révèle son côté humaniste.

Chaleureux, souvent émouvants ses écrits ne négligent pas ses choix, son engagement.

En vente 10 euros www.editionsdematignon.com

02/05/2016

Bénédicte Monville : « TAFTA est une atteinte à la démocratie »

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Bénédicte Monville est conseillère municipale d'opposition à Melun et a été élue conseillère régionale EELV sur la Seine-et-Marne. Avant les élections régionales, elle nous avait accordé cet entretien.

 

Quel sens donnes-tu au récent vote du conseil municipal de Melun contre le traité transatlantique ?

Je suis très heureuse de ce vote, qui fut une surprise. Je ne m'y attendais pas du tout. Nous avions déjà déposé deux vœux que le maire avait refusés de soumettre au vote du conseil municipal. Cette fois-ci non seulement il a accepté mais le conseil a adopté le vœu à l'unanimité. Pour moi c'est une vraie satisfaction. C'est la preuve que notre travail dans l'opposition n'est pas vain et que, dans une certaine mesure, la majorité reconnait que les sujets que nous portons valent la peine d'être écoutés. Le maire a justifié son choix d'accepter notre vœu en disant que TAFTA porterait atteinte à la liberté des communes de décider pour elles-mêmes. Il avait bien lu mon argumentaire qu'il a repris. Ma première satisfaction c'est ce dialogue malgré des options idéologiques très différentes.

 

En tant qu'élue, militante et citoyenne de gauche quel danger souhaites tu pointer à travers ce vœu ?

TAFTA/TTIP et d'une manière générale tous les traités de libre-échange constituent une atteinte à la démocratie. Ils empêchent l'exercice des souverainetés populaires. Les décisions des assemblées représentatives pourront être remises en causes par des tribunaux privés. Si une commune décide de privilégier un approvisionnement local pour ses cantines, une entreprise américaine qui se considère lésée pourra attaquer la commune devant un de ces tribunaux d'arbitrage et faire échec à la volonté communale. Nous avons déjà plusieurs exemples. Véolia, la multinationale française de l'eau, a attaqué la ville d'Alexandrie dont elle distribue l'eau après que le gouvernement égyptien ait voté un salaire minimum. Ce que Véolia considérait comme contraire à ses intérêts. Au Québec aussi suite au moratoire contre l'exploitation des gaz de schiste qu'il avait adopté, le gouvernement de la province a été attaqué par une compagnie gazière qui lui a réclamé 250 millions de dommages et intérêts au nom du traité de libre-échange qui unit les États Unis et le Canada. En Seine et Marne, le danger du pétrole de schiste et de la fracturation hydraulique est réel et les compagnies pétrolières s'organisent déjà. La totalité du territoire est aujourd'hui concerné par des permis d'exploration. Or si dans les milieux militants ces questions sont débattues elles sont quasiment absentes du débat public et très peu relayées par les médias dont la plupart appartiennent maintenant aux entreprises du grand capitalisme celles-là mêmes qui ont intérêt à l'adoption de ces traités. Le conseil municipal est un lieu où poser le débat en espérant que les citoyen-e-s de notre ville entendent.

 

Une mobilisation à l'échelle locale sur cette question te semble-t-elle possible ?

Je crois que les gens sont très mal informés et que beaucoup d'entre nous découvrirons le scandale quand nous serons directement touchés. Nous avons peu de leviers comme je l'ai dit précédemment. Cela n'empêche pas que pour nous qui sommes informé-e-s il est indispensable de continuer à poser le problème sur la place publique et alerter le plus possible.