Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

24/12/2013

Jean Jaurès : une vie au service de la République sociale

Par Julien Guérin

 

Colloques, publications, expositions, spectacles c’est à un foisonnement d’initiatives que va donner lieu le centième anniversaire de la mort de Jean Jaurès en juillet 2014. L’homme de l’unité socialiste, l’orateur pacifiste, le brillant intellectuel, le député défendant avec fougue les droits sociaux ou la laïcité reste une référence pour la gauche française. Il ne s’agit pas ici de faire une biographie complète de Jaurès, il existe de très bons ouvrages pour cela, mais de voir ce qui dans son parcours peut être utile à la gauche d’aujourd’hui.

Du républicanisme au socialisme

Jaurès est né en septembre 1859 à Castres dans le Tarn. Il est un brillant étudiant qui va s’élever socialement grâce à l’école de la République. Normalien, agrégé de philosophie en 1882, Jaurès défendra toute sa vie une éducation laïque qui assure l’émancipation des enfants de la classe ouvrière. Il soutient une thèse intitulée De la réalité du monde sensible et une autre, en latin, sur les origines du socialisme allemand. Très tôt saisi par le virus politique, il se présente à la députation en 1885 et est élu sur une liste républicaine. Bien que déjà sensible à la question sociale, Jaurès n’est pas encore socialiste, son adhésion  au mouvement ouvrier sera progressive. Battu aux législatives de 1889, le jeune Jaurès redevient professeur à l’université de Toulouse et écrit des articles pour la Dépêche. En 1890, il est élu maire adjoint de la ville rose, il est chargé des questions scolaires. Il œuvre à la construction d’écoles élémentaires et à l’ouverture de l’institution aux  enfants des milieux populaires. C’est en 1892-1893 que se situe le grand tournant dans l’itinéraire de Jaurès. A Carmaux, ville minière où le marquis de Solage règne en maître, un ouvrier nommé Calvignac est élu maire. Prenant prétexte de ses absences, le marquis, qui est le patron tout  puissant des mines, le licencie. Les ouvriers se mettent alors en grève et font appel à Jean Jaurès, dont la notoriété est grandissante, pour les soutenir. Il écrit des articles en faveur de la grève, pour la réintégration de Calvignac et se rend sur place à plusieurs reprises. Calvignac a finalement gain de cause, Solage se sent humilié, démissionne de son poste de député et provoque donc une législative partielle. Le contact avec les mineurs en grève, les échanges avec les militants socialistes de Carmaux ont une influence profonde sur Jaurès. Candidat à la partielle, soutenu par les ouvriers de Carmaux, Jaurès est élu député en janvier 1893.

La République sociale sur tous les fronts et l’unité !

C’est un autre homme qui revient à la chambre des députés, désormais sa vie va épouser celle du mouvement ouvrier, il est fréquemment appelé par des ouvriers en grève et multiplie les interventions sur les questions sociales à la chambre. Dès ces années-là, il opère une synthèse originale entre la pensée marxiste et l’héritage républicain. Il est en faveur de la collectivisation des moyens de production, mais reste attaché à la République émancipatrice issue de 1789 et 1793. Il travaille d’ailleurs à une Histoire socialiste de la Révolution française où l’on retrouve cette volonté de concilier socialisme et République. En 1898-1899, Jaurès s’engage en faveur de Dreyfus et publie un ouvrage  intitulé Les preuves où il démontre son innocence. Une polémique très importante va suivre à propos de l’entrée du socialiste Millerand au gouvernement dit de défense républicaine en 1899. Jaurès soutient Millerand au nom de la défense de la République contre le cléricalisme et le militarisme qui se déchaînent durant l’Affaire Dreyfus. D’autres, comme Jules Guesde, condamnent l’entrée des socialistes dans un gouvernement « bourgeois ». Deux partis socialistes cohabitent et polémiquent ardemment : le PSF dirigé par Jaurès et ses proches défendant le « ministérialisme » et le PS de France avec Guesde et Vaillant qui s’y opposent. C’est l’Internationale socialiste qui, lors du congrès d’Amsterdam en 1904, pousse à l’unité qui se réalise enfin en avril 1905 à la salle du Globe avec la constitution de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). La SFIO s’affirme marxiste et révolutionnaire et condamne la participation à un gouvernement bourgeois. Cependant, c’est Jaurès qui, grâce à ses talents d’orateur et son habileté tactique, s’impose comme le leader des socialistes français. Toujours en  1905, Jaurès prononce un vibrant plaidoyer pour la laïcité et en faveur de la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il a aussi lancé le journal L’Humanité en 1904. Il l’ouvre à toutes les sensibilités socialistes et s’entoure de collaborateurs prestigieux (Blum, Anatole France…).  Il défend la mise en place de retraites solidaires, la journée de huit heures et continue à se rendre dans les entreprises en lutte.

Pacifisme et  internationalisme

Cependant, à partir des années 1909-1910, il oriente son action vers la défense de la paix menacée par les impérialismes rivaux qui s’affrontent pour le partage du monde. De congrès en congrès, Jaurès défend l’idée de la grève générale ouvrière internationalement organisée pour repousser toute menace de guerre. Il compte sur la force des sociaux-démocrates allemands et sur la conscience universelle de la classe ouvrière européenne. En 1913, la SFIO organise une vigoureuse campagne contre la loi des trois ans qui rallonge d’un an le service militaire. Les bruits de bottes de sont de plus en plus assourdissants et Jaurès tempête contre le capitalisme « qui porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ». La droite l’accuse d’être vendu à l’Allemagne et d’être un traître à la patrie. Ces campagnes nationalistes vont fournir les armes idéologiques aux assassins du socialiste. En juin 1914, l’escalade militaire qui fait suite à l’assassinat  de l’héritier du trône d’empire d’Autriche-Hongrie conduit l’Europe à la boucherie. Jaurès tente jusqu’au bout d’éviter la guerre. L’espoir est mince mais Jaurès y croit, il se démène tout au long du mois de juillet. Alors qu’il dîne  avec ses proches au café du Croissant à Paris, il est abattu par le nationaliste Raoul Villain le 31 juillet au soir. Celui qui apparaissait comme le dernier rempart face à la guerre venait de tomber, précipitant l’honteux ralliement des socialistes français et allemands à « l’union sacrée » derrière leurs gouvernements respectifs… Le 4 août marque en quelque sorte la seconde mort de Jaurès et de ses positions internationalistes. Son courage et sa lucidité face à cette guerre qui allait saigner l’Europe à blanc force l’admiration.

 

Nous ne voulons cependant pas faire de ce  centième anniversaire la simple commémoration posthume d’un Jaurès muséifié et rangé au rayon des idoles d’un passé glorieux mais révolu. Au contraire, demeurer fidèle à l’héritage jaurésien, c’est rependre ses grands combats et relever haut le drapeau du socialisme démocratique et révolutionnaire. Cela signifie concrètement :

  • lutter pour une gauche porteuse d’un projet radical de transformation sociale, aussi fidèle aux salariés que la droite l’est aux actionnaires et aux grands patrons ;
  • œuvrer à l’émergence d’une VIe République permettant la pleine expression de la souveraineté populaire ;
  • défendre les droits des salariés (salaires, retraites, code du travail) et offrir des débouchés politiques aux luttes sociales pour ne plus que la démocratie ne s’arrête devant la portes des entreprises où beaucoup de patrons règnent encore en maîtres ;
  • refonder  une école émancipatrice et laïque assurant l’application effective du principe « les fonds publics à la seule école de la République » ;
  • défendre une Europe des peuples et non l’actuelle Europe du capital et de la concurrence acharnée jetant les travailleurs les uns contre les autres ;
  • reprendre le combat internationaliste et pacifiste pour construire un autre monde débarrassé des impérialismes de tout poil.

 

Rester fidèle à Jaurès, c’est ne pas renoncer au combat anticapitaliste pour construire une République sociale débarrassée de toute injustice et toute exploitation.


Bibliographie pour aller plus loin :

Jean-Pierre Rioux, Jaurès, Perrin, collection Tempus, 2008.
Madeleine Rebérioux, Jean Jaurès, la parole et l’acte, Gallimard Découverte, 1994.
Jean Rabaud, Jean Jaurès, Perrin, 1981.

18/12/2013

Travailleurs détachés : appel de Gauche Avenir contre le dumping social

La directive européenne “travailleurs détachés” entraine une multiplication du recours à des travailleurs employés, de façon temporaire et souvent dans des conditions de travail et d’existence précaires voire indignes.

 

En réalité, sous couvert de la libre circulation et du libre-échange, un dumping social et fiscal inadmissible se développe en Europe. Le recours à ses pratiques explose dans certains pays, dont la France, où le ministère du travail estime à près de 250 000 le nombre de salariés venant d’autres pays de l’UE.

 

Devant cette situation inacceptable, des décisions urgentes s’imposent.

 

1) Il faut que le Conseil européen des 20 et 21 décembre se saisisse de la question et qu’il décide:

  •  des mesures conservatoires immédiates ;
  • la révision au fond de cette directive, en instaurant le principe d’obligation pour une entreprise étrangère de respecter l’ensemble des droits sociaux et fiscaux des pays où s’effectue le travail ;
  • la reconnaissance pour les Etats membres de faire appel à une clause de sauvegarde et de prendre des dispositions compensatrices des distorsions de concurrences sociales.

 

2) Le gouvernement français doit, de son côté :

  • suspendre immédiatement la mise en œuvre de la directive “travailleurs détachés”;
  • restaurer les contrôles et l’autorisation préalable avant toute intervention des salariés d’une entreprise étrangère en France, en particulier dans les secteurs où les abus actuels sont manifestes.

 

Le club Gauche Avenir lance un appel au Gouvernement français et au Conseil européen, qui se réunit les 20 et 21 décembre prochains. L’appel demande que des décisions urgentes soient prises pour répondre à la situation intolérable créée par la directive européenne “travailleurs détachés”.

 

Cet appel est signé par des responsables politiques de toutes les sensibilités de gauche et écologistes et de différentes confédérations syndicales :

Pouria Amirshahi (PS), Emmanuelle Cosse (EELV), Eric Corbeaux (PCF),  Claude Debons (syndicaliste), Joël Decaillon (ancien responsable de la Confération Européenne des Syndicats), Laurent Diaz (syndicaliste), Pierre Gendre (syndicaliste), Jérôme Guedj (PS), Patrick Le Hyaric (PCF), Lucien Jallamion (République et Socialisme), Didier Lereste (syndicaliste),  Marie-Noëlle Lienemann (PS), Emmanuel Maurel (PS), Francis Parny (PCF), Christian Piquet (Gauche Unitaire), Paul Quilès (PS), Jean-Claude Rech (syndicaliste), Jacques Rigaudiat (économiste, PCF), Lucile Schmid (EELV)

 

Signer l'appel sur le site de Gauche Avenir.

12/12/2013

Contre la métropolisation : la République une et indivisible

Texte d'Alexis Martinez, membre du Conseil National de République et Socialisme

 

Le 10 décembre 2013 a débuté la deuxième lecture à l’Assemblée Nationale du premier volet de l’acte III de la décentralisation, qui organise l’action publique territoriale autour des métropoles et communautés urbaines.

Un renforcement des inégalités territoriales

Les dix dernières années se sont caractérisées par un accroissement continu des inégalités. Aussi bien les inégalités sociales que les inégalités territoriales. Loin de contrarier cette tendance, le texte d’affirmation des métropoles les renforce. En effet, cet acte III de la décentralisation, directement hérité du gouvernement précédent, de droite, s’inscrit dans le même état d’esprit que le précédent de 2003, rompant avec la tradition de la gauche en la matière. La décentralisation telle qu’elle a été conçue et mise en oeuvre par la gauche repose sur une déconcentration permettant aux collectivités de bénéficier du soutien de l’état. Le gouvernement a rompu avec cette tradition : tout en se voyant confier plus de responsabilités et de compétences, les collectivités sont privées du soutien de l’état et sont très contraintes financièrement. Conçue sur le modèle et suivant la feuille de route établis à Lyon depuis maintenant plusieurs années, la métropolisation dévoie les outils de l’aménagement des territoires. Ainsi de l’intercommunalité conçue comme réponse unique et uniforme à tous les enjeux de l’aménagement territorial et qui perd son caractère d’association libre pour devenir une contrainte pesant sur les communes. Exiger des solidarités intercommunales, les imposer parfois, peut faire sens, mais à condition que cela s’inscrive dans un plan national d’aménagement du territoire au service des populations. Or il n’en est rien, et c’est dans l’optique d’une concentration accrue des moyens dans les métropoles pilotée à l’échelle régionale que s’opèrent ces regroupements.

Dans notre pays, la France, où les collectivités sont à l’origine de plus de 70% de l’investissement public au service des populations, les regroupements forcés empêchent l’existence d’une action publique adaptée et disposant de moyens à la hauteur de ses tâches. Des compétences librement transférées aux intercommunalités existantes sont remises à la charge des communes, tandis que d’autres qu’elles avaient conservées par soucis d’efficacité leurs sont retirées, le tout dans la perspective d’une organisation en pôles urbains et ruraux, au détriment de l’intégrité territoriale. Cette transformation de l’intercommunalité en outil d’intégration forcée fait des collectivités les vecteurs de l’inégalité territoriale, alors qu’elles devraient au contraire avoir vocation à renforcer la cohésion nationale. De nouvelles entités administratives, plus nombreuses et plus puissantes, telles que les communautés urbaines et les métropoles, vont se développer au détriment de nos communes et de nos départements, dont l’action est pourtant plébiscitée par nos concitoyens. Se dessine ainsi une France à deux vitesses distinguant les territoires relevant de la métropole, qui concentrent pouvoirs et ressources, et les autres territoires, laissés en grandes difficultés et voués à la relégation aux marges des grands centres. C’est l’abandon d’une conception harmonieuse et équilibrée du territoire national au profit d’une mise en concurrence des territoires, menaçant directement la péréquation entre les collectivités. Les solidarités nationales vont ainsi peu à peu disparaître, remplacées par des soutiens limités à l’intérieur même des territoires, renforçant le clientélisme et réduisant les moyens de l’action publique.

Une atteinte à l’égalité entre les citoyens

S’il est nécessaire de renforcer la coopération entre l’état et les collectivités, ainsi qu’entre les différentes collectivités, cela ne signifie pas le transfert des compétences ni le désengagement de l’état. Or c’est ce qui se dessine aujourd’hui. Le projet de loi prévoit en effet que l’état ne puisse plus intervenir dans un certain nombre de domaines, déléguant aux collectivités un certain nombre de ses compétences, ce qui aboutit à une action publique différenciée en fonction des territoires. Cette atteinte à l’égalité entre citoyens confirme la voie prise en 2003 avec l’introduction de l’expérimentation législative dans les collectivités par le gouvernement Raffarin. La loi de la République non seulement ne sera plus la même pour tous, mais s’appliquera qui plus est selon des modalités et avec des moyens différents suivant les lieux d’habitations. Les métropoles et communautés urbaines, concentrant l’essentiel des capacités de développement, pourront ainsi, plus encore qu’aujourd’hui, faire bénéficier leurs habitants de possibilités inaccessibles à ceux de communes marginalisées. C’est particulièrement criant en matière d’habitat : alors que d’ores et déjà l’accès au logement est fortement contrasté d’un territoire à un autre, les inégalités ne feront que s’accroître entre habitants de territoires urbains et ruraux d’une part, centraux et périphériques d’autre part, tandis que les grands centres auront la mainmise sur la politique du logement. Il en ira de même pour le maillage territorial des services publics, déjà actuellement bien mis à mal.

Une attaque contre la démocratie

Ce premier volet de l’acte III de la décentralisation va à l’encontre d’une démarche de décentralisation autour des droits et libertés locales, dans laquelle l’état assure une présence forte aux côtés des communes pour assurer la cohérence d’ensemble et l’égalité entre les territoires. Il ajoute aux inégalités sociales les inégalités territoriales, le tout dans l’irrespect total de la démocratie de proximité. Alors que les lois Vaillant sur les dispositifs participatifs ont montré depuis plus de dix ans maintenant la nécessité d’impliquer les habitants dans les décisions de l’administration locale des territoires, l’architecture territoriale nouvelle, en éloignant les citoyens des lieux de décision, attaque directement la démocratie de proximité, pourtant socle proclamé de la décentralisation. Plutôt qu’une véritable décentralisation permettant au principe de libre administration des collectivités de recouvrir une réalité, c’est à une démultiplication des centres que nous assistons. Le désengagement de l’état au profit des collectivités, et tout particulièrement des métropoles et communautés urbaines, ne fait qu’imposer aux communes une centralisation nouvelle, opaque et autoritaire, éloignée des citoyens et dans laquelle les élus locaux les plus proches des habitants seront tenus à l’écart des questions primordiales de l’administration quotidienne des territoires. « Les métropoles constituent un danger réel de marginaliser le maire et les élus », indique ainsi à juste titre Jacques Pélissard, président de l’Association des Maires de France.

Le cas de la métropole parisienne illustre malheureusement à merveille ce processus de marginalisation et de dépossession de leurs prérogatives d’administration locale des élus. En effet, alors qu’une grande majorité des 200 membres de Paris Métropole, la seule instance réunissant les élus de tous bords de la région Île-de-France, s’est prononcée en faveur d’une métropolisation alternative, multipolaire et respectueuse de la démocratie de proximité, construite en accord avec les élus et les populations, la métropole parisienne reste conçue comme une construction bureaucratique sanctionnant la fracture entre petite et grande couronne et réduisant le rôle des communes associées à celui de mairies d’arrondissements. La substitution d’un EPCI (Établissement Public de Coopération Intercommunal), unique et doté d’une fiscalité propre, à ceux déjà existants dans le cadre des multiples intercommunalités franciliennes est d’ores et déjà acté, programmant l’assèchement des ressources communales et l’extinction des intercommunalités librement établies, sans qu’à aucun moment la possibilité d’une consultation populaire soit seulement envisagée. De l’aveu même de ses partisans à l’Assemblée Nationale et au Sénat, la métropole parisienne telle qu’elle est actuellement élaborée n’est qu’une simple étape vers une métropole totalement intégrée ! A Paris comme dans les treize autres métropoles prévues par le projet de loi, la métropolisation du territoire de la République aurait à tout le moins nécessité un grand débat national. Alors que les élections municipales sont proches, personne aujourd’hui n’est en mesure de dire quelles seront les compétences et les moyens dont disposeront les municipalités élues pour répondre aux attentes des citoyens. Plutôt que de tirer parti de la proximité des élections municipales pour mener un débat parlementaire approfondi, le gouvernement a décidé d’un débat tronqué et d’un vote rapide. Il entend bien ainsi répondre aux injonctions de réduction des dépenses publiques décidées le 29 mai dernier lors de la réunion du Conseil de l’Union Européenne.

Un texte rédigé à Bruxelles sous le diktat de la finance

Réduction des dépenses, concurrence des territoires, éclatement de la société en pôles de compétitivité au détriment de l’intégrité territoriale de la République et de la fraternité entre les citoyens... toutes ces mesures correspondent à des injonctions européennes. Des injonctions auxquelles le gouvernement apporte son consentement et même son concours : le « programme de stabilité de la France » a été édicté et adopté par le Conseil de l’Union Européenne, qui réunit les gouvernements des états membres, avec la participation active du gouvernement français. L’organisation communale française, originalité dans le paysage européen, est régulièrement attaquée au nom de la « modernisation » de l’action publique territoriale. Une « modernisation » qui se veut en fait l’alignement sur le canon européen de communes plus importantes avec moins d’élus et qui appartiennent à des sous-ensembles régionaux auto-administrés. Pourtant, ce sont plus d’un quart des citoyens français qui vivent aujourd’hui dans des communes de moins de 2 500 habitants, et cette proportion est en constante augmentation depuis dix ans. La proximité des élus et des services publics assure à nos concitoyens une qualité de vie que la réunion des communes en « pôles de compétitivité » serait incapable de leur fournir, sans même parler d’un éventuel fonctionnement autonome des « eurorégions » fondées sur des seuls critères de proximité économique.

L’« acte III de la décentralisation » s’avère avoir pour objectif principal l’adaptation des territoires à une mondialisation financière reposant sur l’uniformisation et la standardisation d’une main d’oeuvre immédiatement disponible. Il consacre ainsi la « concurrence libre et non faussée » des territoires comme mode d’administration des collectivités et pollue la République avec une forme nouvelle de féodalisme en promouvant l’autonomie administrative, réglementaire voire législative d’ensembles régionaux détachés des citoyens, au bénéfice exclusif d’intérêts financiers. Écrite à Bruxelles avec l’assentiment réjoui du gouvernement français, cette loi est avancée sous le diktat de la finance.

République et Socialisme membre du Front de Gauche réaffirme son attachement profond à l’unité et à l’indivisibilité de la République, aux services publics et à la démocratie de proximité, ainsi que son rejet frontal d’une loi renforçant les inégalités sociales et territoriales, morcelant la République, mettant en concurrence les collectivités, tenant les citoyens à l’écart et accomplissant les volontés de la finance. La redynamisation de nos territoires ne peut être réussie sans le maillage fin du territoire par les services publics ni sous le joug du libéralisme effréné promu à Bruxelles. Pour une décentralisation respectueuse de la population, nous affirmons la nécessité de respecter trois principes fondamentaux : l’unité et l’indivisibilité de la République, la libre administration des collectivités territoriales, et le principe de subsidiarité démocratique.

05/12/2013

Melun : Le prix et la gestion de l'eau font à nouveau débat (La République de Seine-et-Marne)

Jeudi dernier, le conseil municipal a présenté le rapport annuel de Véolia, le délégataire de service public de distribution d’eau, pour l’année 2012. Mais l’opposition souligne des incohérences entre les tarifs donnés par la municipalité et les prix indiqués sur la facture.

 

« Je vous invite à consulter vos factures d’eau en 2012 et vous constaterez une augmentation en mars, en septembre, en décembre mais également en juin 2013, contrairement à ce qu’il est indiqué dans le rapport qui ne mentionne que deux augmentations en 2012. J’ai d’ailleurs déjà attiré l’attention sur ce sujet lors d’un précédent conseil municipal. Et ça continue, il faudrait maintenant obtenir des réponses !  », remarque Charles Humblot, conseiller municipal de l’opposition. Et d’ajouter « on constate une augementation de 25 % de 2006 à 2013 !  »

 

Lire la suite de l'article sur le site de La République de Seine-et-Marne.

04/12/2013

Pétition contre la suppression des élections prud'homales

Logo R&S-FdG Petit.jpgNicolas Sarkozy a supprimé un quart des conseils de prud’hommes, il a repoussé d’un an leur élection, il n’est pas allé jusqu’à la supprimer...

Ce que la droite n’a pas osé, le gouvernement veut le faire !



Je m’oppose à la suppression des élections prud’homales, atteinte inacceptable aux droits des salariés et immense recul de la démocratie sociale.

Supprimer la dernière élection sociale libre et démocratique à l’échelon national, c’est priver les travailleurs du choix de leurs défenseurs.

 

Évoquer son coût soi-disant trop élevé est honteux !

C’est une provocation dirigée contre tous les salariés de notre pays !

Le coût des élections prud’homales n’est que de 100 millions d’euros, alors que le CICE (Crédit d’Impôts Compétitivité Emploi) coûte chaque année 20 milliards d’euros à l’état, et que le coût de la fraude fiscale est évalué à 50 milliards d’euros par an.

 

Je demande le maintien des élections prud’homales et un renforcement et une reconnaissance élargie, en particulier dans les PME TPE, du droit syndical et des tribunaux prud’homaux.

Je demande :

  • une amélioration de l’information des salariés.
  • de meilleures conditions de  tenue de ces élections y compris dans les entreprises


NON à la confiscation caractérisée des droits des salariés !

NON à la suppression des élections prud’homales !

 

Je signe la pétition en ligne sur le site de République et Socialisme.

La marche du 1er décembre et ses débouchés

Communiqué du Front de Gauche

 

Le Front de Gauche se réjouit du succès de la marche du 1er décembre. Cette marche constitue la plus importante mobilisation politique de la gauche politico-sociale depuis des mois. Dans un moment où la désorientation est grande et où les syndicats patronaux, la droite et l’extrême-droite tentent de dévoyer la légitime colère populaire suscitée par la politique d’austérité du gouvernement, il s’agit d’une très bonne nouvelle. Le Front de Gauche confirme ainsi sa capacité d’initiative de masse et d’élargissement comme en témoigne la présence d’autres organisations politiques, de plusieurs structures syndicales et de nombreuses personnalités.

Le Front de Gauche entend continuer à œuvrer sur les mots d’ordre de sa marche « pour la Révolution fiscale, la taxation du capital, l’annulation de la hausse de la TVA ».

Le plus urgent est de mobiliser encore plus massivement contre la hausse de la TVA  prévue le 1er janvier. Il faut la mettre en échec. Cette hausse, matériellement insupportable pour un grand nombre de nos concitoyen-ne-s, symbolise en outre une fiscalité injuste visant à faire payer aux ménages les cadeaux au patronat. C’est pourquoi le Front de Gauche est favorable à la tenue rapide d’une réunion unitaire de l’ensemble des organisations de gauche, des syndicats, des associations concernées par la question pour examiner le cadre et les formes de mobilisation contre cette hausse.

Dans le même temps, Jean-Marc Ayrault a annoncé une remise à plat de la fiscalité. Chiche… Nous avons déjà, dans l’Humain d’abord, des propositions qui placent la justice fiscale, la redistribution des richesses et la taxation du capital au cœur de notre projet. Mais nous voulons aller plus loin en travaillant à des Etats Généraux. Leur but sera d’élaborer et de porter de la façon la plus massive possible une réforme fiscale opposée aux canons du libéralisme, auxquels obéit le gouvernement,  qui privilégient la « compétitivité et la baisse des dépenses publiques » au détriment de l’intérêt général et de l’égalité.