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07/12/2015

État des forces politiques en Île-de-France et en Seine-et-Marne après le premier tour des élections régionales

Ces élections régionales ont été marquées partout en France par un échec cuisant de la gauche dans son ensemble. Globalement, la gauche est passée de 53,72% des suffrages exprimés et près de 10,5 millions de voix en 2010 à 37,49% des suffrages exprimés et moins de 8,3 millions de voix, alors même que la participation était en hausse de plus de 2 millions de votants.

Cependant, au contraire de ce qu'il s'était passé aux élections départementales, le Front de Gauche a été lui aussi emporté dans la tourmente. En 2010, les listes du Front de Gauche, présentes dans 16 des 21 régions métropolitaines sauf la Corse (dont 3 avec le NPA), avaient réuni globalement 5,57% des suffrages exprimés, soit plus d'un million de voix. En 2015, les listes du Front de Gauche, présentes dans 10 des 12 régions métropolitaines sauf la Corse (dont 2 avec EELV), ont réuni globalement 4,67% des suffrages exprimés et perdu 70 000 voix par rapport à 2010. La comparaison est néanmoins faussée du fait de sa division dans les régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Auvergne-Rhône-Alpes à propos de l'attitude à avoir vis-à-vis d'EELV, deux listes dans chacune de ces régions comportant des forces politiques étiquetées Front de Gauche, dont aucune n'a été prise en compte dans ce total.

Une chose est pourtant certaine : le Front de Gauche n'a pas échappé au désaveu cinglant infligé à l'ensemble de la gauche, extrême-gauche comprise, laquelle a perdu plus de la moitié de ses voix. Il se retrouve sous la barre des 5% dans 6 régions sur 10 et ne franchit les 10% que dans la seule région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, sur une liste d'alliance avec EELV. Quand la gauche recule, elle le fait dans toutes ses composantes sans que cela profite à l'une d'entre elles en particulier.

C'est là une leçon particulièrement douloureuse mais dont il faut espérer qu'elle sera comprise pour l'avenir.

Au regard de ce paysage de dévastation pour la gauche, et par comparaison avec d'autres régions où la chute fut considérablement plus rude, on peut comprendre que certains commentateurs aient affirmé qu'en Île-de-France la gauche s'en était plutôt bien sortie.
Pour ce qui est du PS, la situation est stable : la liste de Claude Bartolone réunit 25,19% des voix contre 25,26% pour Jean-Paul Huchon en 2010, et gagne même 64 000 voix. Côté Front de Gauche, la liste menée par Pierre Laurent progresse très légèrement, de 6,55% à 6,63%, et gagne 20 000 voix. La chute est cependant extrêmement lourde du côté d'EELV, passée de 16,58% à 8,03% et ayant perdu 225 000 voix, ainsi que du côté de l'extrême-gauche, qui réunissait en 2010 sur les deux listes LO et NPA 3,75% des suffrages tandis que la liste LO de Nathalie Arthaud n'a obtenu que 1,40%, soit une perte de 64 000 voix.
Globalement, la gauche francilienne passe de 53% à 41% des suffrages, perdant au passage plus de 200 000 voix. Il faut remonter aux élections régionales de 1998 pour trouver une situation semblable. Pas de quoi se réjouir, donc.

Comme lors des élections européennes de l'année dernière, la Seine-et-Marne se distingue au sein de l'Île-de-France par son résultat. Seul département de la région à placer le FN en tête, à 30,92% contre 18,41% au niveau régional, elle donne à Valérie Pécresse son troisième plus mauvais résultat départemental avec 25,34% des voix, derrière la Seine-Saint-Denis (21,38%) et l'Essonne (23,88%), et son plus mauvais résultat à Claude Bartolone avec 20,35% des voix. Le total gauche y est particulièrement bas par rapport à la région (33,43%) mais fait jeu égal avec le total droite (33,85%).

Ainsi, la Seine-et-Marne est le seul département d'Île-de-France a avoir un paysage politique réellement tripartitionné entre gauche (extrême-gauche comprise), droite et extrême-droite.

Par rapport aux élections départementales, le paysage politique de la Seine-et-Marne est resté relativement stable, la droite et l'extrême-droite perdant chacune quelques plumes (la droite passant de 35,22% à 33,85% et le FN de 31,20% à 30,92%) tandis que la gauche stagnait (de 33,48% à 33,43%). Au sein de cette dernière, le rapport de force a cependant évolué de manière très favorable au PS, passé de 16,79% à 20,35%, au détriment principalement du Front de Gauche, qui réunissait 9,26% des voix aux départementales, contre seulement 5,05% aux régionales.

 

Finalement, en Île-de-France, la victoire de la gauche au second tour n'est pas exclue, mais la droite de Valérie Pécresse dispose d'un réservoir confortable de voix chez les électeurs de Nicolas Dupont-Aignant, qui réalise un résultat très honorable avec 6,57% des suffrages, toutefois insuffisant pour se maintenir au second tour. De plus, il est possible qu'un effet "vote utile" ai lieu en sa faveur et au détriment du FN. La victoire de la gauche est donc loin d'être acquise, aussi son rassemblement clair et sans ambiguïtés est indispensable.

 

Alexis Martinez, République et Socialisme en Seine-et-Marne

 

 

Résultats des listes du Front de Gauche dans chaque région (hors Corse et outre-mer) :

Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne :
- liste Front de Gauche - Mouvement Républicain et Citoyen - Nouvelle Gauche Socialiste : 3,07% - fusion impossible

Aquitaine-Poitou-Charente-Limousin :
- liste Front de Gauche - Mouvement Républicain et Citoyen - Alternative Démocratie Socialisme : 4,85% - fusion impossible

Auvergne-Rhône-Alpes :
- liste Europe Écologie Les Verts - Parti de Gauche - Ensemble ! - Nouvelle Donne - Nouvelle Gauche Socialiste : 6,90% - fusion possible
- liste Parti Communiste Français - République et Socialisme - Mouvement Républicain et Citoyen : 5,39% - fusion possible

Bourgogne-Franche-Comté :
- liste Front de Gauche - Mouvement Républicain et Citoyen - Nouvelle Gauche Socialiste : 4,62% - fusion impossible

Bretagne :
- liste Front de Gauche : 3,74% - fusion impossible

Centre-Val-de-Loire :
- liste Parti Communiste Français - Mouvement Républicain et Citoyen : 4,59% - fusion impossible

Île-de-France :
- liste Front de Gauche : 6,63% - fusion possible

Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées :
- liste Front de Gauche - Europe Écologie Les Verts - Nouvelle Gauche Socialiste - Parti Occitan : 10,26% - fusion possible / maintien possible

Nord-Pas-de-Calais-Picardie :
- liste Parti Communiste Français - Ensemble ! - République et Socialisme - Gauche Unitaire - Coordination Communiste : 5,32% - fusion possible mais retrait de la liste PS
- liste Europe Écologie Les Verts - Parti de Gauche - Nouvelle Donne - Nouvelle Gauche Socialiste : 4,83% - fusion impossible

Normandie :
- liste Front de Gauche : 7,04% - fusion possible

Pays-de-la-Loire :
- liste Parti Communiste Français - Mouvement Républicain et Citoyen : 3,33% - fusion impossible

Provence-Alpes-Côte d'Azur :
- liste Front de Gauche - Europe Écologie Les Verts - Nouvelle Gauche Socialiste : 6,54% - fusion possible mais retrait de la liste PS

 

Finalement, le Front de Gauche ne pourra être présent dans les conseils régionaux que de 4 régions. Dans deux conseils régionaux, c'est la gauche dans son ensemble qui sera absente du fait du retrait des listes PS.