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02/05/2016

Bénédicte Monville : « TAFTA est une atteinte à la démocratie »

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Bénédicte Monville est conseillère municipale d'opposition à Melun et a été élue conseillère régionale EELV sur la Seine-et-Marne. Avant les élections régionales, elle nous avait accordé cet entretien.

 

Quel sens donnes-tu au récent vote du conseil municipal de Melun contre le traité transatlantique ?

Je suis très heureuse de ce vote, qui fut une surprise. Je ne m'y attendais pas du tout. Nous avions déjà déposé deux vœux que le maire avait refusés de soumettre au vote du conseil municipal. Cette fois-ci non seulement il a accepté mais le conseil a adopté le vœu à l'unanimité. Pour moi c'est une vraie satisfaction. C'est la preuve que notre travail dans l'opposition n'est pas vain et que, dans une certaine mesure, la majorité reconnait que les sujets que nous portons valent la peine d'être écoutés. Le maire a justifié son choix d'accepter notre vœu en disant que TAFTA porterait atteinte à la liberté des communes de décider pour elles-mêmes. Il avait bien lu mon argumentaire qu'il a repris. Ma première satisfaction c'est ce dialogue malgré des options idéologiques très différentes.

 

En tant qu'élue, militante et citoyenne de gauche quel danger souhaites tu pointer à travers ce vœu ?

TAFTA/TTIP et d'une manière générale tous les traités de libre-échange constituent une atteinte à la démocratie. Ils empêchent l'exercice des souverainetés populaires. Les décisions des assemblées représentatives pourront être remises en causes par des tribunaux privés. Si une commune décide de privilégier un approvisionnement local pour ses cantines, une entreprise américaine qui se considère lésée pourra attaquer la commune devant un de ces tribunaux d'arbitrage et faire échec à la volonté communale. Nous avons déjà plusieurs exemples. Véolia, la multinationale française de l'eau, a attaqué la ville d'Alexandrie dont elle distribue l'eau après que le gouvernement égyptien ait voté un salaire minimum. Ce que Véolia considérait comme contraire à ses intérêts. Au Québec aussi suite au moratoire contre l'exploitation des gaz de schiste qu'il avait adopté, le gouvernement de la province a été attaqué par une compagnie gazière qui lui a réclamé 250 millions de dommages et intérêts au nom du traité de libre-échange qui unit les États Unis et le Canada. En Seine et Marne, le danger du pétrole de schiste et de la fracturation hydraulique est réel et les compagnies pétrolières s'organisent déjà. La totalité du territoire est aujourd'hui concerné par des permis d'exploration. Or si dans les milieux militants ces questions sont débattues elles sont quasiment absentes du débat public et très peu relayées par les médias dont la plupart appartiennent maintenant aux entreprises du grand capitalisme celles-là mêmes qui ont intérêt à l'adoption de ces traités. Le conseil municipal est un lieu où poser le débat en espérant que les citoyen-e-s de notre ville entendent.

 

Une mobilisation à l'échelle locale sur cette question te semble-t-elle possible ?

Je crois que les gens sont très mal informés et que beaucoup d'entre nous découvrirons le scandale quand nous serons directement touchés. Nous avons peu de leviers comme je l'ai dit précédemment. Cela n'empêche pas que pour nous qui sommes informé-e-s il est indispensable de continuer à poser le problème sur la place publique et alerter le plus possible.

 

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