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28/08/2016

Un itinéraire militant, de Jean-François Chalot : le parcours d’un instituteur du peuple

Paru récemment le livre autobiographique de notre ami Jean-François Chalot retrace son parcours militant et personnel avec beaucoup de finesse et d’émotion. Élu municipal à Vaux le Pénil, militant laïque et politique, ancien instituteur syndicaliste, Jean-François possède plus d’une corde à son arc. Lire cet ouvrage d’un peu plus de cent pages c’est replonger dans plus de 50 ans d’histoire politique, sociale et militante où notre camarade fut très souvent en première ligne du combat pour la justice sociale, la laïcité et l’égalité.

 

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Instituteur et activiste

Né en 1948 dans le village de Blandy les Tours, à l’Est de Melun où son père est directeur d’école, c’est un enfant déjà rebelle mais qui, très tôt, a contracté le virus de la lecture qui, aujourd’hui encore, demeure sa grande passion. On suit alors le parcours du jeune normalien qui devient instituteur en même temps qu’il plonge dans le bain militant en adhérant aux Jeunesses socialistes SFIO (le PS de l’époque) et au puissant SNI (syndicat national des instituteurs) auquel il va consacrer son énergie et son temps. Mai 68 lui fait découvrir les militants trotskistes de la Jeunesse communiste révolutionnaire qu’il rejoint avec enthousiasme tant la sclérose de la SFIO parait alors avancée et irréversible. Au cours de ces brûlantes années 70, où la jeunesse s’engage en masse dans les rangs d’organisations de gauche et d’extrême-gauche, Jean-François prend toute sa part aux combats de l’époque : la lutte contre la guerre du Vietnam, la solidarité avec le Chili d’Allende, les comités de soldats et les bagarres pour les droits démocratiques des jeunes appelés à l’armée. Son activisme dans les rangs trotskistes ne l’éloigne cependant jamais du terrain où sa pratique professionnelle, inspirée des méthodes de pédagogie active et antiautoritaire de Célestin Freinet, le met en contact quotidien avec les enfants de communes rurales et populaires de Seine et Marne. Il devient également au cours de ces années un pilier de la tendance Ecole Emancipée qui rassemble en son sein les enseignants révolutionnaires et antistaliniens. Militant syndical et politique, il est un constant et ardent défenseur de l’indépendance du mouvement social vis-à-vis des appareils qui voudraient le contrôler.

Le combat laïque et l’éducation populaire

Quittant avec son épouse, elle aussi institutrice, et ses enfants la Seine et Marne à la fin des années 70 il vit et travaille quelques années en Mayenne. Dans un département conservateur, empreint de culture catholique, Jean-François est un actif animateur du grand combat laïque pour la défense d’une école publique unifiée, projet abandonné en rase campagne par le gouvernement de Pierre Mauroy en 1984. Revenu dans sa Brie natale il demeure un actif militant de l’Ecole Emancipée mais se tourne de plus en plus vers le monde associatif de l’éducation populaire. Il termine sa carrière professionnelle dans le Val de Marne comme animateur aux Francas (francs et franches camarades) avec la même envie de transmette ses valeurs émancipatrices à la jeunesse.

A la recherche d’un nouveau parti des travailleurs et des exploités

Avec courage, l’auteur nous fait également part de son expérience d’entrisme au sein du parti socialiste. A la demande de la LCR il rejoint les rangs du courant chevènementiste Socialisme et République en Seine et Marne et devient, à ce titre, membre du bureau fédéral du PS 77 entre 1988 et 1991. Il s’engage corps et âme dans la lutte contre la guerre du Golfe, tente d’entrainer les militants PS sur sa ligne avant de rallier le MDC crée par JP Chevènement en 1993. Il rompra vite avec le mouvement qui se perd bientôt en tentant de rallier « les républicains des deux rives ». Sa rupture avec la LCR est consommée en 2001 après la scission de l’Ecole Emancipée. Après un court passage au Parti de gauche, Jean-François milite désormais au Parti ouvrier indépendant démocratique (POID), petit mouvement trotskiste très implanté dans le mouvement syndical. Mais là n’est plus l’essentiel de l’activité militante de notre camarade.

Avec le peuple au quotidien

En 2003, à l’heure de retraite il a créé, avec d’autres bénévoles, l’association Familles Laiques de Vaux le Pénil. En dix ans la structure s’est ancrée dans le paysage local en proposant des cours d’alphabétisation, de l’aide aux devoirs et des permanences « surendettement » dans tous les quartiers de l’agglomération melunaise. Le droit au logement et le refus des expulsions locatives est également une priorité dans l’action militante de Jean-François. Etre avec le peuple et organiser son combat sur des bases unitaires et laïques pour disputer le terrain aux mouvements religieux réactionnaires est devenu une des plus fermes convictions de Jean-François ces dernières années. C’est guidé par cette idée qu’il est élu à Vaux le Pénil sur la liste de gauche de Pierre Herrero, qui signe une belle postface à l’ouvrage, où il œuvre au développement des associations de la ville.

 

Ce livre est un témoignage éclairant sur une vie de combats pour une société égalitaire et démocratique en même temps qu’une volonté de transmettre le flambeau aux jeunes générations. J’ai moi-même côtoyé Jean-François ces dernières années et j’ai aimé sa passion, son énergie, son envie de changer le monde. Fermant l’ouvrage et songeant à notre camarade toujours actif pour faire reculer l’injustice ce sont les mots de Victor Hugo qui viennent à l’esprit lorsqu’il déclara en 1849 : « je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli ».

Julien GUERIN

Lire : Jean-François Chalot, Un itinéraire militant, le Scorpion brun, 8€

 

 

23/08/2016

Largo Caballero, un socialiste espagnol à l'épreuve de l'histoire, par Julien Guérin

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Dirigeant de premier plan du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol et du syndicat UGT durant l'entre-deux guerres, Francisco Largo Caballero fut une figure majeure du mouvement ouvrier. Ministre lors des premiers gouvernements de la seconde République espagnole, partisan d'un pacte entre toutes les tendances du mouvement ouvrier, chef du gouvernement après le déclenchement de la guerre civile, il est une figure incontournable pour essayer de saisir les enjeux de la période, la lutte pour le socialisme, les succès et les échecs de la seconde République espagnole et ceux du camp républicain face au coup d'état militaire et à l'insurrection armée de la droite et de l'extrême-droite espagnole.

Notre camarade Julien Guérin se penche de près sur l'homme et son action dans un ouvrage paru récemment aux Éditions de Matignon, que nous vous invitons à vous procurer.

 

Largo Caballero - Un socialiste espagnol à l'épreuve de l'histoire, par Julien Guérin, Éditions de Matignon, 7€

13:46 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0)