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07/11/2014

70ème anniversaire de la Libération : 3 soirées documentaires/débat dans le 77

Alors que nous fêtons cette année le 70ème anniversaire de la Libération, le gouvernement poursuit le détricotage des acquis sociaux obtenus grâce à l'engagement sans faille dans la Résistance de très nombreux militants progressistes, notamment communistes. Afin de contribuer, à son échelle, à la lutte contre les régressions sociales et les déformations historiques, le PCF des cantons de Torcy et de Noisiel organise trois soirées de débat autour de la projection de trois documentaires portant sur la Résistance et le programme du Conseil National de la Résistance.

 

A l’heure d’un acharnement sans précédent contre notre système de protection sociale et contre les droits des salariés sous réserve « d’économies » et de « compétitivité », mais aussi d’une réécriture toujours plus poussée de notre histoire sociale et politique, il nous est apparu urgent de rétablir, à notre niveau, certaines vérités.

C’est pourquoi, à l’occasion de la commémoration du 70e anniversaire de la Libération, nous proposons du 13 nov. au 2 déc. un cycle de trois projections de documentaires suivies de débats, à Torcy, Noisiel-Lognes et Bussy-Saint-Georges, sur le thème de la Résistance et du programme du CNR mis en œuvre à la Libération (voir l’invitation en pièce-jointe).

Nous invitons le plus grand nombre à participer à ces soirées s’inscrivant dans la défense et la revendication des nos acquis sociaux, payés au prix fort par les générations précédentes, et à relayer très largement cette invitation autour de vous.


Rappel des dates :

  • jeu. 13 nov. 20h, Petit-Théâtre de l’Arche à TORCY : « Les Jours Heureux » de Gilles Perret
  • mer. 19 nov. 20h, salle du Buisson St. Antoine à NOISIEL : « La traque de l’affiche Rouge » de Jorge Amat
  • mar. 2 déc. 20h, salle Lucie Aubrac à BUSSY-St.-GEORGES : « Faire quelque chose » de Vincent Goubet

 

Ci-joint, le document d'invitation, avec résumé des trois documentaires.

Invitation Projections-débats.pdf

 

 

 

20/09/2014

Il y a 222 ans, Valmy : vive la Nation !

Parmi les dates fondatrices de l'idéal républicain, il y en a peu qui aient autant d'impact et de sens que celles des 20, 21 et 22 septembre 1792. La victoire de Valmy, première victoire française depuis le début de l'invasion de la France par la coalition austro-prusienne, a eu lieu la veille de la réunion de la Convention Nationale, qui a aboli la royauté le 21 et proclamé la République le 22.

Cet événement inaugura une nouvelle période pour la France et les Français, l'appartenance au corps national prenant le pas sur les fidélités de personne de l'Ancien Régime, tandis que la République, proclamée une et indivisible, accomplissait vaille que vaille l'émancipation du peuple. Le cri de "vive la Nation !", jusque là associé à la sédition, devenait le cri de ralliement des citoyens luttant pour la liberté, l'égalité et la fraternité.

 

La bataille de Valmy est le symbole de ce moment où le peuple, jusque là l'oublié de l'histoire, conscient de sa propre existence et de sa force, est devenu la Nation et a balayé les reliquats de l'ancien monde. "L'armée des savetiers" que raillaient les aristocrates a vaincu l'armée de ceux qui entendaient mettre les Français au pas pour avoir conquis leur liberté en chassant du trône Louis le dernier.

L'irruption du peuple en politique, hors des cantonnements aux rôles subalternes que les autoritarismes de tous poil ne cessent de lui assigner, est une lame de fond irrésistible. Aujourd'hui, alors que nous vivons une période de profond mépris du peuple de la part de responsables publics se prenant pour des dirigeants, alors qu'une nouvelle aristocratie de l'expertise et de la richesse défend à toutes forces les instruments de sa domination, alors que notre régime prétendument républicain fait chaque jour la démonstration de son caractère monarchique et autoritaire, un sursaut du peuple est plus que jamais nécessaire.

 

Que le cri de ralliement "vive la Nation !" redevienne le nôtre, il n'a rien perdu de son actualité.

 

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31/07/2014

Il y a 100 ans mourait Jaurès

Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès périssait de la balle tirée par Raoul Villain. Sa disparition, alors que les tensions se faisaient plus fortes que jamais en Europe et que le grand militant de l'unité socialiste tentait une solution de la dernière chance pour éviter le pire, précipita la guerre.

Mais si fortes que furent les convictions pacifistes de Jean Jaurès, l'y réduire serait une trahison. Jaurès, c'était cela, et bien d'autres choses encore !

 

C'est pourquoi, pour célébrer le 100ème anniversaire de son assassinat, le blog de République et Socialisme 77 partage cette vidéo de notre camarade Jean-Pierre Fourré incarnant Jaurès pour son Discours à la jeunesse, prononcé à Albi le 30 juillet 1903.

 

28/07/2014

10 thermidor : il y a 220 ans les félons exécutaient sans jugement Robespierre et 104 autres révolutionnaires

Nous sommes aujourd'hui le 28 juillet 2014. Suivant la conception classique du calendrier républicain, nous sommes le 10 thermidor an 222. Il y a 220 ans avait lieu le premier d'une longue série de coups d'états institutionnels qui conduisirent la République vers la dictature militaire de Bonaparte puis l'établissement monarchique de l'Empire. Ce que l'historiographie a pris l'habitude de nommer "la chute de Robespierre" a inauguré une ère sombre dans l'histoire de France, une réaction comme on n'en avait jamais observé depuis le début de la Révolution, et dont les marques malheureusement demeurent encore présentes aujourd'hui.

Car si l'histoire officielle s'est rangée aux opinions des thermidoriens, transformant Robespierre en un tyran, en faisant le "Cromwell français", lui imputant la Terreur, elle-même dépeinte comme une abjection, l'idéologie dominante en a de même repris plusieurs de ses fondamentaux. C'est en effet durant cette période de brusque reflux de la vague démocratique qui jusqu'ici avait balayé tous les obstacles dressés sur sa route que se sont imposées des conceptions qui, aujourd'hui encore, gouvernent les consciences et la société toute entière. C'est sous l'égide des réactionnaires thermidoriens que fut érigée l'économie au rang de valeur inaliénable, que fut naturalisée l'inégalité entre hommes et femmes, que naquirent les premières théories racistes, que fut créée la distinction entre souveraineté populaire et souveraineté nationale, que furent vouées aux gémonies les modalités de délibération populaire collective, et tant d'autres choses qui constituent le noyau dur de l'idéologie dominante qui règne actuellement. Le capitalisme à peine naissant s'est développé et épanoui sur ces fondements, il a accru encore les inégalités sociales, il s'est appuyé sur les divisions des travailleurs pour en pousser l'exploitation à son paroxysme.

Rien que du fait que ceux qui le firent exécuter étaient les pires canailles qu'on puisse imaginer, on pourrait rendre justice à Robespierre. Mais sa valeur ne se limita pas qu'à ne pas être une canaille. Les idées mêmes qu'il défendit avec vigueur et sans faiblir durant sa courte existence politique méritent d'être saluées et qu'on persiste à s'y référer malgré l'opprobre imposée par les héritiers de ses ennemis. Son opposition résolue à la peine de mort, sa défense intransigeante du suffrage universel, son opposition irréductible à toute guerre d'agression, sa volonté intraitable de faire triompher le droit sur l'arbitraire, son refus de la résignation à l'ordre établi, tout cela fait de Maximilien Robespierre un grand républicain, digne d'éloge. Il était de plus d'un patriotisme ardent, refusant tout défaitisme même face à la perspective d'un danger imminent, et à l'heure du péril il répondit toujours présent.

Mais plus encore, il fut également un socialiste avant l'heure. Liant étroitement démocratie et émancipation, il professait des idées certes simples aujourd'hui mais qui étaient alors proprement révolutionnaires et qui inspirèrent pendant des décennies les premiers penseurs du socialisme du siècle suivant.

 

Dès son exécution, Robespierre était plus que lui-même. Il était devenu le symbole, l'étendard d'une cause dont les figures étaient multiples. Y sont indissociablement mêlés ceux qui périrent à ses côtés, mais également toutes celles et ceux qui, sans avoir pris part aux événements des 9 et 10 thermidor, reprirent après lui le flambeau, des insurgés du 1er prairial an III (20 mai 1795) à la Conjuration des Égaux de Babeuf et ses camarades, sans oublier toutes les révoltes anonymes qui furent broyées par la brutalité de la réaction, une brutalité sans commune mesure avec celle de la Terreur, mais qui se fit loin des lumières, sans jugements ni condamnations, toujours de manière sommaire et invisible. C'est dans la répression qu'est véritablement né le robespierrisme. Liant pour une même cause des mouvements divers, la répression donna à tous les révoltés un destin commun.

Et si la référence robespierriste a pu se faire discrète après les années 1830, elle n'a jamais disparu, toujours elle est demeurée, car toujours il s'est trouvé des républicains socialistes pour la ramener. Car au fond, le robespierrisme, c'est la lutte pour la République sociale. A l'heure où un gouvernement issu des rangs de la gauche s'attache à détruire et la République et le socialisme, l'affirmation de notre attachement à Robespierre, à ce qu'il fut autant qu'à ce qu'il représente, est une nécessité.

 

Alexis Martinez, République et Socialisme 77

31/05/2014

Conférence-débat : Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?, à Melun le vendredi 13 juin à 20h30

Affiche Jaurès.png

 

Il y a cent ans Jean Jaurès, figure tutélaire du socialisme français, tombait à Paris sous les balles d’un nationaliste fanatique. Le tribun était le dernier grain de sable susceptible d’enrayer la folle mécanique guerrière qui allait aboutir à la boucherie de 14-18.

Artisan de l’unité socialiste, orateur pacifiste, brillant intellectuel, ardent défenseur des droits sociaux ou de la laïcité, Jaurès reste une référence pour la gauche française. Revenir vers Jaurès c’est poser les bases de la reconstruction d’un socialisme vivant, internationaliste et anticapitaliste.

Jaurès n’appartient à aucun courant mais force est de constater que la politique menée depuis deux ans par un gouvernement se réclamant de la gauche tourne le dos à l’héritage légué par le député de Carmaux. Jaurès a toujours placé son réformisme révolutionnaire au service des salariés qui se sentent aujourd’hui floués par une politique de cadeaux au MEDEF.

République et socialisme, composante du Front de gauche, entend faire revivre la pensée et l’action jaurésienne pour en faire un corpus vivant et utile à nos combats actuels pour sortir de l’austérité, refonder une Europe des peuples et créer les conditions d’un monde débarrassé de la dictature de fer du capital.

Nous invitons tous les acteurs de la gauche melunaise, les syndicalistes et les citoyens à venir débattre avec Jean-Pierre Fourré (ancien député de Seine et Marne, responsable national de République et socialisme) auteur du livre Et si Jaurès était à l’Elysée ? le vendredi 13 juin à 20 H 30 à Melun à l’Espace Saint-Jean (place St jean).

Julien GUERIN (militant Front de gauche, République et socialisme 77)

 

 

Pourquoi Jaurès ?

 

L’homme de l’unité socialiste, l’orateur pacifiste, le brillant intellectuel, le député défendant avec fougue les droits sociaux et la laïcité reste une référence pour la gauche française. Assassiné le 31 juillet 1914 alors qu'il tentait d'éviter le déclenchement de la guerre, Jean Jaurès est resté jusqu'au bout l'artisan inflexible de la République sociale.
Nous ne voulons cependant pas faire de ce centième anniversaire la simple commémoration posthume d’un Jaurès muséifié et rangé au rayon des idoles d’un passé glorieux mais révolu. Au contraire, demeurer fidèle à l’héritage jaurésien, c’est rependre ses grands combats et relever haut le drapeau du socialisme démocratique et révolutionnaire.

 

Retrouvez l'événement sur Facebook.

 

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24/12/2013

Jean Jaurès : une vie au service de la République sociale

Par Julien Guérin

 

Colloques, publications, expositions, spectacles c’est à un foisonnement d’initiatives que va donner lieu le centième anniversaire de la mort de Jean Jaurès en juillet 2014. L’homme de l’unité socialiste, l’orateur pacifiste, le brillant intellectuel, le député défendant avec fougue les droits sociaux ou la laïcité reste une référence pour la gauche française. Il ne s’agit pas ici de faire une biographie complète de Jaurès, il existe de très bons ouvrages pour cela, mais de voir ce qui dans son parcours peut être utile à la gauche d’aujourd’hui.

Du républicanisme au socialisme

Jaurès est né en septembre 1859 à Castres dans le Tarn. Il est un brillant étudiant qui va s’élever socialement grâce à l’école de la République. Normalien, agrégé de philosophie en 1882, Jaurès défendra toute sa vie une éducation laïque qui assure l’émancipation des enfants de la classe ouvrière. Il soutient une thèse intitulée De la réalité du monde sensible et une autre, en latin, sur les origines du socialisme allemand. Très tôt saisi par le virus politique, il se présente à la députation en 1885 et est élu sur une liste républicaine. Bien que déjà sensible à la question sociale, Jaurès n’est pas encore socialiste, son adhésion  au mouvement ouvrier sera progressive. Battu aux législatives de 1889, le jeune Jaurès redevient professeur à l’université de Toulouse et écrit des articles pour la Dépêche. En 1890, il est élu maire adjoint de la ville rose, il est chargé des questions scolaires. Il œuvre à la construction d’écoles élémentaires et à l’ouverture de l’institution aux  enfants des milieux populaires. C’est en 1892-1893 que se situe le grand tournant dans l’itinéraire de Jaurès. A Carmaux, ville minière où le marquis de Solage règne en maître, un ouvrier nommé Calvignac est élu maire. Prenant prétexte de ses absences, le marquis, qui est le patron tout  puissant des mines, le licencie. Les ouvriers se mettent alors en grève et font appel à Jean Jaurès, dont la notoriété est grandissante, pour les soutenir. Il écrit des articles en faveur de la grève, pour la réintégration de Calvignac et se rend sur place à plusieurs reprises. Calvignac a finalement gain de cause, Solage se sent humilié, démissionne de son poste de député et provoque donc une législative partielle. Le contact avec les mineurs en grève, les échanges avec les militants socialistes de Carmaux ont une influence profonde sur Jaurès. Candidat à la partielle, soutenu par les ouvriers de Carmaux, Jaurès est élu député en janvier 1893.

La République sociale sur tous les fronts et l’unité !

C’est un autre homme qui revient à la chambre des députés, désormais sa vie va épouser celle du mouvement ouvrier, il est fréquemment appelé par des ouvriers en grève et multiplie les interventions sur les questions sociales à la chambre. Dès ces années-là, il opère une synthèse originale entre la pensée marxiste et l’héritage républicain. Il est en faveur de la collectivisation des moyens de production, mais reste attaché à la République émancipatrice issue de 1789 et 1793. Il travaille d’ailleurs à une Histoire socialiste de la Révolution française où l’on retrouve cette volonté de concilier socialisme et République. En 1898-1899, Jaurès s’engage en faveur de Dreyfus et publie un ouvrage  intitulé Les preuves où il démontre son innocence. Une polémique très importante va suivre à propos de l’entrée du socialiste Millerand au gouvernement dit de défense républicaine en 1899. Jaurès soutient Millerand au nom de la défense de la République contre le cléricalisme et le militarisme qui se déchaînent durant l’Affaire Dreyfus. D’autres, comme Jules Guesde, condamnent l’entrée des socialistes dans un gouvernement « bourgeois ». Deux partis socialistes cohabitent et polémiquent ardemment : le PSF dirigé par Jaurès et ses proches défendant le « ministérialisme » et le PS de France avec Guesde et Vaillant qui s’y opposent. C’est l’Internationale socialiste qui, lors du congrès d’Amsterdam en 1904, pousse à l’unité qui se réalise enfin en avril 1905 à la salle du Globe avec la constitution de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO). La SFIO s’affirme marxiste et révolutionnaire et condamne la participation à un gouvernement bourgeois. Cependant, c’est Jaurès qui, grâce à ses talents d’orateur et son habileté tactique, s’impose comme le leader des socialistes français. Toujours en  1905, Jaurès prononce un vibrant plaidoyer pour la laïcité et en faveur de la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat. Il a aussi lancé le journal L’Humanité en 1904. Il l’ouvre à toutes les sensibilités socialistes et s’entoure de collaborateurs prestigieux (Blum, Anatole France…).  Il défend la mise en place de retraites solidaires, la journée de huit heures et continue à se rendre dans les entreprises en lutte.

Pacifisme et  internationalisme

Cependant, à partir des années 1909-1910, il oriente son action vers la défense de la paix menacée par les impérialismes rivaux qui s’affrontent pour le partage du monde. De congrès en congrès, Jaurès défend l’idée de la grève générale ouvrière internationalement organisée pour repousser toute menace de guerre. Il compte sur la force des sociaux-démocrates allemands et sur la conscience universelle de la classe ouvrière européenne. En 1913, la SFIO organise une vigoureuse campagne contre la loi des trois ans qui rallonge d’un an le service militaire. Les bruits de bottes de sont de plus en plus assourdissants et Jaurès tempête contre le capitalisme « qui porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ». La droite l’accuse d’être vendu à l’Allemagne et d’être un traître à la patrie. Ces campagnes nationalistes vont fournir les armes idéologiques aux assassins du socialiste. En juin 1914, l’escalade militaire qui fait suite à l’assassinat  de l’héritier du trône d’empire d’Autriche-Hongrie conduit l’Europe à la boucherie. Jaurès tente jusqu’au bout d’éviter la guerre. L’espoir est mince mais Jaurès y croit, il se démène tout au long du mois de juillet. Alors qu’il dîne  avec ses proches au café du Croissant à Paris, il est abattu par le nationaliste Raoul Villain le 31 juillet au soir. Celui qui apparaissait comme le dernier rempart face à la guerre venait de tomber, précipitant l’honteux ralliement des socialistes français et allemands à « l’union sacrée » derrière leurs gouvernements respectifs… Le 4 août marque en quelque sorte la seconde mort de Jaurès et de ses positions internationalistes. Son courage et sa lucidité face à cette guerre qui allait saigner l’Europe à blanc force l’admiration.

 

Nous ne voulons cependant pas faire de ce  centième anniversaire la simple commémoration posthume d’un Jaurès muséifié et rangé au rayon des idoles d’un passé glorieux mais révolu. Au contraire, demeurer fidèle à l’héritage jaurésien, c’est rependre ses grands combats et relever haut le drapeau du socialisme démocratique et révolutionnaire. Cela signifie concrètement :

  • lutter pour une gauche porteuse d’un projet radical de transformation sociale, aussi fidèle aux salariés que la droite l’est aux actionnaires et aux grands patrons ;
  • œuvrer à l’émergence d’une VIe République permettant la pleine expression de la souveraineté populaire ;
  • défendre les droits des salariés (salaires, retraites, code du travail) et offrir des débouchés politiques aux luttes sociales pour ne plus que la démocratie ne s’arrête devant la portes des entreprises où beaucoup de patrons règnent encore en maîtres ;
  • refonder  une école émancipatrice et laïque assurant l’application effective du principe « les fonds publics à la seule école de la République » ;
  • défendre une Europe des peuples et non l’actuelle Europe du capital et de la concurrence acharnée jetant les travailleurs les uns contre les autres ;
  • reprendre le combat internationaliste et pacifiste pour construire un autre monde débarrassé des impérialismes de tout poil.

 

Rester fidèle à Jaurès, c’est ne pas renoncer au combat anticapitaliste pour construire une République sociale débarrassée de toute injustice et toute exploitation.


Bibliographie pour aller plus loin :

Jean-Pierre Rioux, Jaurès, Perrin, collection Tempus, 2008.
Madeleine Rebérioux, Jean Jaurès, la parole et l’acte, Gallimard Découverte, 1994.
Jean Rabaud, Jean Jaurès, Perrin, 1981.