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02/07/2014

Pourquoi les élus en HLM ne devraient pas être obligés de quitter leur logement

Sans que cela serve d'excuse pour se dispenser d'une politique volontariste pour éliminer la pauvreté, l'amélioration des conditions de vie des personnes vivant avec de bas revenus compte parmi les priorités de ce que doit être une politique de gauche. En particulier, la question du logement occupe aujourd'hui une importance cruciale tant la précarité liée au logement et à son manque est prégnante aujourd'hui. Deux logiques s'affrontent sur cette question.

Il y a d'abord la logique de l'hospice pour pauvres. Garantissant non pas un logement mais un hébergement à tarif réduit, ce système qui existe depuis le moyen-âge, si ce n'est avant, a connu au cours du XIXème siècle et de la première moitié du XXème siècle un essor important, alors que le capitalisme se déployait triomphalement sans rencontrer de lois sociales contrant ses conséquences. Gérés par des institutions charitables ecclésiastiques ou par des fondations de bonnes œuvres, rarement par l'état (sauf pour quelques hospices de pauvres destinés aux anciens combattants "gueules cassées" de la Première Guerre Mondiale), ces hospices plaçaient leurs locataires devant des dilemmes parfois terribles. En effet, ne se voyant offrir d'hébergement que conditionné à une situation de précarité, ils voyaient ainsi souvent une amélioration de leur condition tempérée par l'obligation de chercher un nouveau logement, aussi valait-il mieux parfois renoncer à améliorer sa condition. Conçus comme une solution d'hébergement temporaire n'offrant pas d'accès au logement, les hospices pour pauvres ont vu émerger depuis le milieu du XIXème siècle une autre logique, opposée : celle du logement social.
Comme son nom l'indique, le logement social est un logement, aucunement un simple hébergement. Il s'agit de permettre à des personnes en situation financière difficile d'accéder au logement. Toutefois, si l'accès au logement social est conditionné à de bas revenus, la conservation du logement est garantie au locataire suivant les mêmes modalités que la location ordinaire d'un logement. Ainsi, même en cas d'amélioration - fort bienvenue ! - de ses conditions financières, un locataire d'un logement social est libre de continuer à vivre ou non dans le logement social qu'il occupe. Si cette amélioration est notable, il ne bénéficiera en revanche plus de bas loyers pour la location, l'instauration d'un surloyer étant automatique en cas de dépassement d'un plafond de revenus. Ce surloyer devient même incitatif à quitter le logement lorsque les revenus dépassent 150% de ce plafond, allant dans ces conditions jusqu'à rendre la location en logement social plus coûteuse que dans le marché privé. Malgré l'existence de ce dispositif, le fait de quitter le logement social demeure fondamentalement un choix du locataire dont la situation s'est améliorée. Qui dit choix, dit possibilité de ne pas le faire, et un locataire peut tout à fait décider de ne pas quitter son HLM même si ses revenus ont considérablement augmenté, ce malgré la pénalité du surloyer. Quelle que soit la raison qui pousse un locataire de HLM à ne pas quitter son logement même quand ses revenus augmentent, son choix est légitime, précisément car il s'agit de logement social et non pas d'hospice de pauvres.

Cette différence de conception entre logique d'hospice pour pauvres et logique de logement social a d'autres conséquences que l'obligation ou non de déménager en cas d'amélioration de sa condition. Une autre différence majeure réside dans l'implication que nécessitent ces deux logiques. Là où un système d'hospices pour pauvres permet une implication minime, le nombre d'établissements et de places disponibles pouvant être relativement stable d'une année sur l'autre à partir du moment où on part de la logique que les locataires doivent régulièrement céder leur place à d'autres, en revanche, la logique du logement social implique fondamentalement la nécessité de construire chaque année de nouveaux logements.
Ainsi, que des locataires de HLM dont la situation s'est améliorée décident de déménager au profit d'une location dans le privée voire d'une accession à la propriété peut certes permettre aux offices HLM de répondre à plus de demandes de logement social ; mais cela ne doit pas constituer un objectif des offices pour pallier à la demande. En aucun cas le "turn-over" existant des locataires de HLM ne peut servir d'excuse à l'absence de création de nouveaux logements sociaux. Même si la demande de logements sociaux excède malheureusement de loin l'offre existante, entraînant parfois abus, clientélisme, voire corruption caractérisée, raisonner en des termes pareils conduirait à abandonner le principe même du logement social au profit, de fait, de celui d'hospices pour pauvres. Ceci serait un retour en arrière dommageable à tous points de vue.

On en arrive ici au cas des élus logés en HLM, un sujet qui fait l'actualité en ce moment et qui apparaît en filigrane après chaque élection depuis plus d'une décennie. Il faut dire que les affaires d'attribution de complaisance de HLM ont considérablement terni l'image même du logement social et jettent la suspicion sur tout élu logé en HLM. Mais ce n'est pas d'abus dont il est ici question. Les propos visant les élus locataires de HLM qui font le choix de ne pas le quitter concernent des situations on ne peut plus légales et régulières.
Il s'agit de personnes vivant en HLM qui se présentent à une élection et sont élus pour un mandat pour lequel ils perçoivent une indemnité confortable, leur permettant de dépasser, parfois de beaucoup, le plafond de revenus. S'ils choisissent de ne pas quitter leur logement HLM, ils se retrouveront logiquement à payer un surloyer, parfois extrêmement important, le temps de leur mandat. Qu'est-ce qui peut ainsi les inciter à ne pas quitter, dans ces conditions, un logement HLM, lesquels ne sont pourtant pas spécialement réputés offrir un cadre de vie comparable aux beaux quartiers ?

Dans bien des cas, des locataires d'un logement HLM sont élus alors que cela fait des années qu'ils y vivent. Le fait de ne pas vouloir se couper de ce qui était leur vie d'avant l'élection, où ils ont leurs habitudes et leurs repères, est souvent évoqué. C'est déjà une raison tout à fait compréhensible en soi, qui combine à la fois une dimension affective personnelle et l'inévitable soucis de "ne pas se couper des simples citoyens" proclamé par à peu près tous les élus de tous les pays du monde. Mais il y a surtout une autre raison, peut-être plus forte encore.
Être élu, pour la majorité d'entre eux, ce n'est pas conçu comme une carrière, c'est un épisode au cours de la vie. Nombre de ceux qui se présentent à une élection ne comptent pas être élus toute leur vie durant, une proportion non négligeable d'entre eux n'envisage d'ailleurs qu'un seul mandat. L'élection ne sera qu'une parenthèse dans leur vie, un moment au cours duquel ils se seront consacrés à la chose publique mais qui a un terme bien déterminé et, une fois ce terme arrivé, ils comptent bien reprendre leur vie d'avant.
Or comment reprendre sa vie d'avant si on quitte son logement quand on est élu ? Le problème se pose bien évidemment à propos de l'emploi, mais la question du logement est bien plus importante encore, car on atteint là directement un domaine lié à la vie personnelle et intime, un élément de stabilité.

Quel message les appels aux élus logés en HLM à quitter leur logement adressent aux plus modestes ! "Présentez-vous aux élections : vous pourrez certes bénéficier d'une indemnité pendant votre mandat, mais vous devrez par contre quitter votre logement HLM pour un logement dans le parc privé, que vous ne pourrez pas vous permettre de conserver quand vous ne toucherez plus votre indemnité à la fin de votre mandat !"
Belle perspective que celle de sacrifier un statut social modeste mais assis pour quelques années de revenus confortables, et de perdre ainsi une garantie de la vie à moyen terme. Gageons que cette belle abnégation exigée des plus modestes - et d'eux seuls ! - pour se présenter suscitera des vocations en nombre...

A moins que ceux qui intiment les élus de quitter leurs logements sociaux estiment que les élus ont vocation à l'être ad vitam aeternam ? Ou, pire encore, qu'ils ont vocation à profiter de leurs années en tant qu'élu pour servir leurs intérêts personnels et se garantir une situation une fois leur mandat écoulé ?
Non, de telles considérations ne sont pas à l'origine de ces appels, qui ne sont motivés que par l'absence de réflexion et l'ignorance des réalités, voire le tropisme du "tous pourris" qu'on retrouve plus ou moins explicitement dans tous les médias conservateurs. En revanche, ces appels constituent indéniablement des incitations en ce sens. De quoi accréditer encore l'idée que les élus forment une caste de privilégiés détachés du peuple.

Alexis Martinez, République & Socialisme 77

28/05/2014

S’atteler à la refondation de l’ensemble de la gauche pour la République sociale

Déclaration de République et Socialisme - 27 mai 2014

 

Les résultats des élections européennes sont sans appel.

Certes, une très courte campagne, suivant celle des municipales, n’a pas permis que s’installe un véritable débat. Les médias qui font mine de s’étonner, ont fait le nécessaire pour que toute velléité de débat public de fond soit mise sous le boisseau.

Ce scrutin indique :

  • un rejet de la politique manifesté par un fort taux d’abstention ;
  • un nouveau désaveu du libéralisme et de l’austérité ;
  • une nouvelle défiance des citoyens envers une Europe supranationale construite contre les peuples dans le seul but de laminer leurs conquêtes sociales ; 
  • l’installation durable du FN dans le paysage politique ;
  • l’écroulement de la gauche sociale-libérale ;
  • la non émergence du Front de Gauche comme recours possible.


Comment s’en étonner alors que les politiciens au pouvoir ont systématiquement ignoré la volonté populaire exprimée par les scrutins successifs y compris le référendum de 2005 ?

Comment s’en étonner alors que malgré le changement de majorité en 2012, malgré les défaites électorales dues à la continuité de cette politique aussi injuste qu’inefficace, le Président F. Hollande et son Premier ministre semblent n’avoir rien compris !

Comment s’en étonner quand le dogme européen pérennise la notion de concurrence libre et non faussée ? Quand la concurrence internationale pousse ou contraint des salariés à l’exil provisoire ou définitif  de leur pays et les dresse ainsi les uns contre les autres pour le plus grand bénéfice des multinationales ? C’est le terreau du FN : même s’il prétend défendre les salariés à Paris par un discours pseudo-social, il vote ou s’abstient sur les directives libérales à Bruxelles dont celle des travailleurs détachés.

Ce scrutin nous renvoie aussi à nos propres responsabilités : la reconstruction de la gauche alors que le Front de Gauche n’a toujours pas réussi ni à incarner une alternative crédible ni à capitaliser la colère populaire et le rejet de la constitution libérale européenne qui s’était manifesté en 2005.

Et pourtant Siryza, en Grèce, pays qui subit de plein fouet des mesures d’austérité draconiennes a réussi à s’imposer dans le paysage et à devenir la première force politique du pays. Et pourtant Izquierda Unida et Podemos en Espagne ont ébranlé le bipartisme qui y règne en maître depuis des décennies. Nos camarades nous montrent la voie

Nous devons trouver, en France, notre propre chemin : il passe par la refondation de la gauche dans son ensemble. Travaillons à rassembler ceux pour qui la gauche n’est pas le dumping social et fiscal, la baisse des solidarités, la casse des services publics, la destruction du code du travail et de la protection sociale.

Il faut reconstruire un projet donnant la priorité à l’emploi stable, à des salaires, des conditions de travail et environnementales corrects. Il faut mettre en place des solidarités locales, nationales et internationales permettant d’imposer l’intérêt des salariés et non celui du capital. La gauche c’est l’Humain d’abord. La gauche c’est la République sociale.

Ce fut le sens du combat de Jean Jaurès. C’est ce combat que nous devons reprendre et renouveler.

République et Socialisme entend y œuvrer dès maintenant.

24/05/2014

Intervention de Michel Jallamion, candidat de R&S en Île-de-France, au meeting du Front de Gauche au cirque d'hiver le 21 mai


Meetin du Front de gauche au Cirque d'Hiver... par CN-PCF

19/05/2014

Élections prud'homales : le gouvernement n'a reculé que pour mieux les faire sauter !

La proposition de suppression des élections prud'homales avancée par le gouvernement en novembre 2013 avait, à juste titre, provoqué un vif émoi. Des oppositions nombreuses s'étaient manifestées dans les rangs des travailleurs et de la gauche, jusqu'au sein même du PS et de la majorité parlementaire ! Alors en situation précaire, le gouvernement avait décidé de repousser la discussion de cette proposition au printemps 2014, espérant sans doute que la mobilisation se retrouverait amoindrie.
Le printemps 2014, nous y sommes, et alors que le retour de ce projet devant le Parlement n'est pas encore daté, circule déjà de manière très insistante la rumeur que le gouvernement légiférera par ordonnances pour procéder à leur suppression et leur remplacement par une désignation des conseillers prud'hommes du collège salariés par les organisations syndicales sur la base de l'audience syndicale mesurée.

Un petit rappel. Tout a débuté en 2010, quand un rapport du Conseil d'État sur la désignation des conseillers prud'hommes a été remis à Eric Woerth, alors ministre du travail. Ce rapport se fondait déjà sur l'antienne du fort taux d'abstention (40% en 1979, 75% en 2008) pour suggérer de modifier le mode de désignation des conseillers prud'hommes du collège salariés. Trois propositions étaient faites :
• améliorer l'information et simplifier les modalités du vote afin de renforcer la participation ;
• remplacer l'élection par une désignation des conseillers prud'hommes par les organisations syndicales sur la base de l'audience syndicale mesurée ;
• remplacer l'élection par les salariés par l'élection par un collège restreint composé des 300 000 délégués du personnel et de représentants des TPE.
Si le rapport du Conseil d'État privilégiait cette dernière proposition, c'est dès le départ la deuxième qui était envisagée par Eric Woerth. Néanmoins, le gouvernement de droite n'osa pas procéder à cette réforme et se "contenta" de supprimer un quart des Conseils de Prud'hommes et de repousser à 2015 la prochaine élection prud'homale.

On aurait pu attendre d'un gouvernement de gauche, même extrêmement timoré comme l'actuel, qu'il corrige les dégâts causés au droit social par le gouvernement, de droite, qui l'a précédé. En tous cas, pas qu'il aille plus loin encore en endossant une proposition que ledit gouvernement de droite avait envisagée sans oser l'entreprendre. Telle a pourtant été la réalité, et c'est par une simple lettre aux "partenaires sociaux" que le ministre du travail Michel Sapin avait notifié en novembre 2013 son intention de procéder au remplacement de l'élection des conseillers prud'hommes par une désignation au prorata de l'audience syndicale. Pis : alors que le gouvernement Sarkozy n'envisageait cette suppression qu'au seul motif de l'abstention croissante, voilà qu'un gouvernement prétendument de gauche avançait comme justification... un coût trop élevé !
Les 100 millions d'euros que coûte effectivement l'organisation des élections prud'homales seraient trop cher payé pour la dernière élection sociale à l’échelon national en France. Mis au regard du coût des dernières élections européennes (120 millions d'euros, 59% d'abstention) et régionales (136 millions d'euros, 54% d'abstention), ces 100 millions d'euros tous les cinq ans ne sont pourtant rien d'autre que le prix normal et légitime de ce qu'il reste de justice sociale en France. Surtout si on considère que parallèlement à ces économies de bouts de chandelle sur le dos des droits des salariés, le gouvernement a accordé une exonération de pas moins de 30 milliards d'euros par an de cotisations sociales aux entreprises.

L'invocation du coût soit-disant trop élevé des élections prud'homales au regard de la participation n'est qu'un prétexte dérisoire et méprisant envers les salariés !

Si la participation aux élections prud'homales est en berne depuis 1979, c'est du fait du peu de moyens alloués à la publicité de l'existence et de l'action des Conseils de Prud'hommes, du manque de lisibilité des droits des salariés dans nombre de petites entreprises, et de la faible communication autour des élections prud'homales elles-mêmes. Les gouvernements successifs ont largement leur part de responsabilité dans cette désertion des urnes : ils sont la cause du prétexte qu'ils invoquent pour supprimer les élections prud'homales !
Supprimer les élections prud'homales, c'est priver les salariés du libre choix de leurs défenseurs. Les remplacer par une désignation sur la base de l'audience syndicale, c'est non seulement faire perdre aux Conseils de Prud'hommes la spécificité de leur mission (voter pour des représentants dans l'entreprise dont on est salarié n'est pas la même démarche que voter pour des défenseurs du droit social), mais aussi prêter le flanc à nombre d'erreurs voire de truquages lors de la centralisation et de la collation des résultats au niveau national, dispositif opaque, flou et invérifiable, les agents du ministère du travail collationnant les données transmises par les directions des ressources humaines sans contrôle possible à aucune étape de la démarche.

Pour le gouvernement, la démocratie sociale ne serait-elle qu'accessoire ? Quant au droit du travail, déjà sérieusement entamé par la refonte de 2008 du Code du Travail et plus encore par la loi sur l'emploi retranscrivant l'ANI du 11 janvier 2013, et dont la garantie du respect - déjà faible - sera rendue presque inexistante par la réforme en cours de l'inspection du travail (qui sera examinée à l'Assemblée Nationale à partir du 20 mai), ne serait-il à ses yeux qu'un héritage folklorique qui doit être le moins contraignant possible pour les entreprises ? Avec de telles considérations, il va de soi que l'assise de la légitimité des juridictions sociales n'est que le cadet des soucis du gouvernement. C'est pourtant l'avenir des conditions de travail des salariés qui est en jeu. Rien de moins.
Le droit du travail concerne intimement la vie quotidienne des presque 24 millions de salariés de France. Les Conseils de Prud'hommes en sont la garantie judiciaire. Le libre choix par les salariés de leurs défenseurs est une condition fondamentale de la démocratie sociale, fondement de la République sociale. Qu'un gouvernement de droite envisage de le supprimer est déjà un piétinement des droits des travailleurs. Quand c'est un gouvernement de gauche, qui proclame soutenir les salariés qui plus est, s'ajoutent le mépris et l'injure !

Ce d'autant plus que rien n'a filtré du mode de désignation envisagé des conseillers prud'hommes du collège employeurs, dont la participation, généralement plus réduite encore que pour le collège salariés, n'a pas été beaucoup plus importante en 2008 (69% d'abstention en 2008, contre 72% en 2002). L'audience des organisations patronales n'est pas mesurée, seuls les résultats des élections prud'homales en donnent une évaluation. Or, force est de constater qu'il y a eu au cours de la dernière décennie de sacrés bouleversements dans le paysage patronal. Les listes communes de la CGPME, de l'UPA et du MEDEF ont été confrontées en 2002 et 2008 à une concurrence inédite. En effet, non seulement les listes autonomes de la CGPME et de l'UPA se sont multipliées dans les 1 430 circonscriptions sociales, réunissant plus de 8% des suffrages totaux en 2008, mais en plus les listes des employeurs de l'économie sociale et solidaire (listes EES en 2002, listes de l'AEES en 2008) ont réuni largement au-delà du seul cadre des employeurs de l'EES en obtenant 11% puis 19% des suffrages des employeurs, en obtenant la majorité absolue dans six départements et en réunissant plus de 45% des voix dans les sections "agriculteurs" et "activités diverses", qui sont les deux sections où la participation des employeurs aux élections a été la plus élevée.
Ainsi, les listes communes CGPME-UPA-MEDEF sont-elles passées de 90% des voix à chaque élection prud'homale depuis 1979, à 72% seulement en 2008. Et tout indique que cette tendance se poursuivrait, les employeurs étant de plus en plus nombreux à critiquer des orientations patronales impulsées par le MEDEF, organisation au final très peu implantée et qui ne défend guère que les intérêts des 500 entreprises de plus de 2 000 salariés que compte la France. Or, on peut s'attendre à ce que le gouvernement, au contraire, sanctifie la place accordée au trio CGPME-UPA-MEDEF comme uniques organisations représentatives du patronat. La CGPME et l'UPA étant toutes deux des organisations représentatives d'un type particulier d'employeurs (les petits patrons et les artisans), c'est au MEDEF que reviendrait alors, comme c'est le cas depuis 1998 et avant cela de son ancêtre CNPF, le rôle de représentant des employeurs au sens générique, alors qu'il n'en représente qu'une petite fraction.

Ainsi, la suppression des élections prud'homales permet au gouvernement de faire d'une pierre deux coups :
• promouvoir un "bloc réformiste" majoritaire au sens de l'audience syndicale mesurée mais qui a été très minoritaire (moins de 45% des voix au total) à toutes les élections prud'homales jusqu'à présent
• empêcher que soit remis en cause le rôle dévolu au MEDEF de principal représentant du patronat

Et qui sait quelles seraient les suites de cette suppression ? Les Conseils de Prud'hommes, déjà chroniquement sous dotés et dont l'action et le rôle est de moins en moins connu des salariés faute d'information adéquate, perdraient avec la suppression des élections prud'homales leur principal lien direct avec les salariés. De quoi contribuer à les délégitimer, pour, demain, les supprimer ?
C'en serait fini alors de la démocratie sociale et de la justice sociale en France.

Ne laissons pas cela arriver !

République et Socialisme, membre du Front de Gauche, appelle à la mobilisation contre la suppression des élections prud'homales aux côtés des salariés, des syndicats et des citoyens !
Interpellons les députés et sénateurs ! Promouvons l'action des Conseils de Prud'hommes ! Affirmons leur nécessité aujourd'hui plus que jamais, alors que le capitalisme se fait de plus en plus rapace ! Réclamons plus de moyens pour permettre aux conseillers prud'hommes d'accomplir leur rôle, et plus d'information sur les Conseils de Prud'hommes et leur élection !

 

Alexis Martinez, membre du Conseil National de République et Socialisme

06/05/2014

Les candidats de République et Socialisme aux élections européennes s'expriment

MICHEL JALLAMION.jpgMichel Jallamion

Secrétaire National de République et Socialisme, candidat en Ile de France sur la liste conduite par Patrick le Hyaric

Lutter pour l’égalité, c’est vouloir le progrès social, une juste répartition des richesses, l’implication citoyenne, les services publics, la laïcité. Pour cela il faut œuvrer à la convergence de l’ensemble de la gauche et du mouvement social. Il faut s’opposer, ensemble, aux politiques d’austérité menées en France comme en Europe.  Il faut faire cesser le mépris des salariés, du peuple, à qui l’on impose tous les efforts au seul profit des plus fortunés.

République et Socialisme, avec le FdG, exige que la France fasse le choix d’une Europe de la coopération et de la solidarité, pas « de la concurrence libre et non faussée », d’une Europe qui privilégie l’Humain à l'Euro, la souveraineté des peuples aux multinationales !

Faites le choix d’élus qui se battent pour l’intérêt des citoyens, celui des peuples d’Europe, contre la toute-puissance de la Commission de Bruxelles, de la Banque européenne, de la Finance et du dumping social !

Le 25 mai, votez et faites voter Front de Gauche !

ALAIN BERGEOT.jpgAlain Bergeot

Militant syndical, Membre du Conseil National de République et Socialisme, candidat dans le grand Ouest sur la liste conduite par Myriam Martin


« Il y a des riches et des pauvres »

Et les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres !

Ainsi les exploiteurs et les exploités n’ont pas disparu.
Quel est donc ce mécanisme qui permet aux riches d’être plus riches et aux peuples de se serrer toujours plus la ceinture ?

C’est l’exploitation capitaliste, devenue, certes,  plus complexe, mais  la contradiction capital/travail demeure. Il faut continuer d’appeler un chat un chat : les inégalités sociales sont des inégalités de classes !

Faut-il s’adapter au  monde tel qu’il est et renoncer ? Évidemment non !

Nous avons fait le choix de ne pas nous résigner à l’absurdité de ce système qui fait que maintenant les jeunes vivent moins bien que leurs parents, et agissons pour une société progressiste qui partage les richesses créées.

Citoyens-nes, ENSEMBLE, avec nos différences, emparez vous des élections européennes pour convaincre, rassembler et faire agir, pour la construction d’une Europe :

  • Sociale, outil de solidarités et de coopérations pour garantir la paix et la stabilité pour tous les peuples, la crise Ukrainienne témoigne de ce déficit.
  • Démocratique et citoyenne, respectueuse du vote des électeurs. 55% des électeurs s’étaient prononcés contre le TCE en mai 2005.
  • Souveraine et indépendante, opposée aux négociations sur l’accord de libre-échange USA/UE, qui vise à supprimer les règles et les normes.

 

 

 

Logo R&S-FdG Grand avec FdG.jpg

 

 

 

Front de Gauche européennes fond blanc.png

02/05/2014

République et Socialisme au cortège parisien du 1er mai

Des camarades de République et Socialisme de l'Île-de-France étaient présents au point fixe du Front de Gauche à la manifestation syndicale du 1er mai. Nous y avons distribué un tract contre le Grand Marché Transatlantique et présenté notre camarade Michel Jallamion, candidat de République et Socialisme sur la liste du Front de Gauche aux élections européennes dans la circonscription Île-de-France.

 

Tract TAFTA.png
Le tract distribué

 

2014-05-01 - Ourdia, Alexis Martinez, Odile, Lucien Jallamion, Michel Jallamion et Mouloud .jpg

2014-05-01 - Ourdia, Alexis Martinez, Lucien Jallamion, Marinette Bache et Michel Jallamion.jpg
Les militants R&S au point fixe du Front de Gauche

 

2014-05-01 - Patrick Le Hyarick et Michel Jallamion.jpg
Michel Jallamion aux côtés de Patrick Le Hyarick, tête de liste Front de Gauche en Île-de-France

 

patrick-et-michel.gif
Les candidats du Front de Gauche en Île-de-France aux européennes