Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/07/2015

L’Histoire populaire des États-Unis : les luttes des classes au cœur !

 

Histoire populaire.jpgSorti récemment en marge de tous les circuits commerciaux, coréalisé par Daniel Mermet et Olivier Hazan, le documentaire « Une histoire populaire américaine » est une excellente adaptation du livre éponyme du grand historien américain Howard Zinn. Professeur à l’université de Boston, chercheur émérite, inlassable militant anti-impérialiste, auteur de plus de vingt livres traduits dans le monde entier, il était l’un des grandes voix de l’Amérique progressiste. Décédé en 2010 son œuvre historique a encore beaucoup à nous dire. Le film de Mermet et Hazan s’inscrit dans cette optique d’éducation populaire. L’Histoire populaire des Etats-Unis, a été éditée en 1980. C’est un livre magistral qui réhabilite les résistances indiennes à la colonisation européenne, les révoltes des esclaves noirs contre leurs exploiteurs, les luttes ouvrières, syndicales et féministes, et les grands combats pour l’égalité civique et contre la guerre. Il offre le tableau d’une Amérique jusque-là ignorée et occultée par tous les historiens libéraux, une Amérique progressiste écrasée sous le rouleau compresseur du capitalisme.

 

Le succès, immense, est immédiat auprès des étudiants américains, mais il faut attendre 2002 pour qu’il soit publié en France. Les réalisateurs du documentaire ont dû faire des choix dans cette vaste fresque qui court de 1492 à nos jours. Ils ouvrent leur film par une image forte : celle du bombardement par l’aviation américaine de la ville de Royan auquel Zinn, jeune appelé, a participé. Il en nourrira une haine durable et tenace contre le militarisme.

 

 

 

Mermet et Hazan débutent leurhistoire pop.jpg propos par une rapide évocation de la révolte des insurgés contre la puissance coloniale britannique à la fin du XVIIIème siècle, non sans rappeler les divergences d’intérêts qui traversaient les révoltés. La question centrale du film est celle de la lutte des classes entre exploiteurs et exploités. Les deux coréalisateurs braquent leurs projecteurs sur quelques luttes emblématiques et exemplaires de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle. En plein essor économique, l’Amérique voit se constituer une vaste classe ouvrière où les immigrés italiens, grecs, juifs ou irlandais tiennent une place centrale. Fuyant la misère de leur pays ils apportent aux États-Unis leur culture politique et seront très souvent aux premiers rangs des grands combats de la classe ouvrière. Une lutte sans merci les oppose aux grands patrons qui accumulent des fortunes colossales et répriment impitoyablement leurs grèves et leurs tentatives d’organisation syndicale. Ils paieront un lourd et sanglant tribut à l’écrasement des mouvements de révolte.

 

De la lutte pour la journée de 8 heures déclenchée par les ouvriers de Chicago en 1886 à la grande grève des salariés du textile à Lawrence en 1912 en passant par les mouvement de mineurs, les riches images d’archives nous entrainent aux côtés de ces travailleurs en mouvement pour leurs salaires et leur dignité. Le chant d’espoir des grévistes de Lawrence réclamant « du pain et des roses » offre un magnifique sous-titre à ce premier volet d’une trilogie à venir. Les belles figures des militants syndicalistes de l’IWW (Industrial Workers of the World), qui rassemble travailleurs étrangers et nationaux, et du leader socialiste Debs ont tous en commun l’hostilité dont ils furent victimes de la part des puissants de l’heure. Certains d’entre eux le payant même de leur vie.

 

 

 

Invité samedi 4 juillet dernier à la Ferme des Jeux de Vaux le Pénil, Olivier Hazan a répondu aux questions des spectateurs présents en rappelant les grands objectifs de ce film : montrer les luttes oubliées du peuple américain et mettre en lumière le visage de ces milliers d’hommes et de femmes modestes dont il est temps de réhabiliter la parole. Bravo pour cette initiative !

 

Julien GUERIN, République et Socialisme 77

 

28/05/2015

Forum européen des alternatives - 30 et 31 mai 2015 - Place de la République

10388060_949817561716179_5155512157153240545_n.png

Le programme des deux jours (format .pdf).

10/07/2014

Le Jimmy Gralton de Ken Loach : un véritable "Working class hero" !

Jimmys-Hall-Poster-585x438.jpgLe cinéaste militant a donc décidé de revenir poser sa caméra en Irlande. Huit ans après le magistral Le Vent se lève, où sur fond de révolution et de guerre civile, Ken Loach narrait avec émotion le destin de deux frères pris dans la tourmente de l’Histoire, le nouveau film du britannique nous transporte à nouveau sur l’île rebelle.

L’action se situe au début des années 1930 alors que la crise du capitalisme fait sentir ses effets économiques et sociaux dévastateurs dans toute l’Europe. Jimmy Gralton, héros de la lutte d’indépendance et militant communiste, revient dans son village natal après dix ans d’exil aux États-Unis. Il retrouve sa mère, une modeste paysanne passionnée de lecture et qui a transmis à son fils l’amour des livres, et tous ces petits métayers qui n’ont que leur force de travail pour vivre. Il n’a rien renié de ses idéaux de gauche et a découvert aux États-Unis le jazz qui ouvre des horizons nouveaux à toute une jeunesse éprise de liberté, désireuse de faire voler en éclats les codes du monde ancien. Les habitants du village poussent aussitôt Gralton à rouvrir le dancing qui existait jadis et où les travailleurs de la région venaient danser, s’instruire et discuter loin du regard étouffant de l'Église catholique. Gralton relève le défi et offre une nouvelle vie à ce dancing que les habitants ont bâti de leurs mains. Ce local fait trembler les notables locaux qui y décèlent un foyer d’insoumission et de désordre. Ce lieu, où le peuple apprend à être heureux loin de ses maîtres, est un véritable laboratoire de la société nouvelle. Gralton doit rapidement faire face aux prêtres inquiets pour leur influence et désireux de concilier les contradictions entre les riches et les pauvres autour du message catholique. Les plus coriaces ennemis se dressant face à Gralton sont néanmoins les barons notabilisés de l’IRA soldant les vieux comptes de la guerre civile. La force de Loach est d’éviter tout manichéisme excessif en révélant notamment les hésitations du prêtre face au courage de Gralton. La mise en lumière des contradictions de ces hommes d'Église pris en étau entre leur hiérarchie, soucieuse de maintenir son pouvoir, et les métayers au milieu desquels ils vivent est également une belle réussite.

Une scène retient tout particulièrement l’attention, celle où les paysans viennent réinstaller une famille expulsée par un puissant propriétaire. A leur tête, Gralton prononce un vibrant plaidoyer en faveur de la justice sociale et du partage qu’il oppose aux logiques prédatrices de la grande bourgeoisie. A l’heure où les peuples restent pris à la gorge par la finance et les banquiers, la démonstration d’une intransigeante solidarité de classe met du baume au cœur. Cette remise en cause du sacro-saint droit de propriété est la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour les autorités locales. Le dancing est incendié et un avis d’expulsion est émis à l’encontre du leader communiste. Traqué sans relâche, il se cache plusieurs mois avant d’être arrêté et expulsé vers les États-Unis. Il y meurt en 1945 sans jamais avoir revu sa terre d’Irlande.

Alors que notre camp cherche, à tâtons, une issue pour tourner la page mortifère des politiques austéritaires, les combats de Gralton, l’esprit de son dancing, le souffle de la solidarité et du jazz redonnent à l’évidence le goût de la lutte collective pour construire un autre monde.

Merci à Ken Loach d’avoir sorti de l’ombre cette belle figure !

Julien GUERIN (République et Socialisme 77)

13:13 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

26/11/2013

Appel du monde de la culture pour le 1er décembre

Contre l’injustice fiscale et sociale
Pour une révolution fiscale, la taxation du capital
et l’annulation de la hausse de la TVA


Ce que la droite n’a jamais osé faire, le parti « socialiste » au pouvoir l’exécute. En deux ans le budget de la culture a subit une baisse de plus de 4%, le ramenant à son niveau d’avant 1981 !

Conséquence directe, l’austérité se traduit par des destructions d’emplois massives et ajoute de la précarité à la précarité :

  • Les opérateurs publics (théâtres nationaux, musées, audiovisuel public, CNC…) subissent des prélèvements exceptionnels.
  • Les crédits de soutien à la création, les aides à la presse sont encore en baisse.


Par exemple, le plan social à France Télévisions annonce 320 Millions d’euros d’économie et 361 suppressions de postes à temps plein, en réalité le double avec les emplois occupés par des salariés intermittents amenés à disparaître.

La réduction des budgets  de l’état c’est plus de chômage, moins de protection sociale, moins de service public.

Peut-on prétendre haut et fort vouloir une « politique volontariste d’éducation artistique et culturelle » en accordant un coup de pouce dérisoire à la «transmission des savoirs et démocratisation de la culture » tout en diminuant de plus de 50% en deux ans les crédits aux conservatoires de musique et d’art dramatique?

Peut-on prétendre haut et fort soutenir la création et en même temps faire subir aux artistes plasticiens, sculpteur… une TVA à 10% qui sera entièrement supportée par eux ? Ce gouvernement ignorerait donc  les conditions d’exercice de ces artistes qui, exception faite des quelques « vedettes » ont des  revenus souvent inférieurs au seuil de pauvreté.

La grande réforme fiscale de François Hollande c’est la division par  deux de la contribution fiscale des grandes entreprises privées  pour en transférer la  charge sur les citoyens les plus défavorisés. La TVA  applicable le 1er janvier palliera une partie des 20 Milliards d’euros accordés au patronat sans aucune conditionnalité.  L’injustice sociale et fiscale qui frappe notre pays est insupportable. Qu’en sera-t-il de la réforme fiscale annoncée?

C’est pourquoi nous nous joignons à l’appel à la grande marche du dimanche 1er décembre à Paris pour une révolution fiscale, la taxation du capital et l’annulation de la hausse de la TVA. Cette marche, qui partira de Place d’Italie, se dirigera vers le « portique » de Bercy, symbole de la politique du gouvernement Ayrault, plus favorable au Medef et à la finance qu’aux salarié-e-s et à la grande masse de la population.

 

Pour la révolution fiscale !