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28/08/2016

Un itinéraire militant, de Jean-François Chalot : le parcours d’un instituteur du peuple

Paru récemment le livre autobiographique de notre ami Jean-François Chalot retrace son parcours militant et personnel avec beaucoup de finesse et d’émotion. Élu municipal à Vaux le Pénil, militant laïque et politique, ancien instituteur syndicaliste, Jean-François possède plus d’une corde à son arc. Lire cet ouvrage d’un peu plus de cent pages c’est replonger dans plus de 50 ans d’histoire politique, sociale et militante où notre camarade fut très souvent en première ligne du combat pour la justice sociale, la laïcité et l’égalité.

 

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Instituteur et activiste

Né en 1948 dans le village de Blandy les Tours, à l’Est de Melun où son père est directeur d’école, c’est un enfant déjà rebelle mais qui, très tôt, a contracté le virus de la lecture qui, aujourd’hui encore, demeure sa grande passion. On suit alors le parcours du jeune normalien qui devient instituteur en même temps qu’il plonge dans le bain militant en adhérant aux Jeunesses socialistes SFIO (le PS de l’époque) et au puissant SNI (syndicat national des instituteurs) auquel il va consacrer son énergie et son temps. Mai 68 lui fait découvrir les militants trotskistes de la Jeunesse communiste révolutionnaire qu’il rejoint avec enthousiasme tant la sclérose de la SFIO parait alors avancée et irréversible. Au cours de ces brûlantes années 70, où la jeunesse s’engage en masse dans les rangs d’organisations de gauche et d’extrême-gauche, Jean-François prend toute sa part aux combats de l’époque : la lutte contre la guerre du Vietnam, la solidarité avec le Chili d’Allende, les comités de soldats et les bagarres pour les droits démocratiques des jeunes appelés à l’armée. Son activisme dans les rangs trotskistes ne l’éloigne cependant jamais du terrain où sa pratique professionnelle, inspirée des méthodes de pédagogie active et antiautoritaire de Célestin Freinet, le met en contact quotidien avec les enfants de communes rurales et populaires de Seine et Marne. Il devient également au cours de ces années un pilier de la tendance Ecole Emancipée qui rassemble en son sein les enseignants révolutionnaires et antistaliniens. Militant syndical et politique, il est un constant et ardent défenseur de l’indépendance du mouvement social vis-à-vis des appareils qui voudraient le contrôler.

Le combat laïque et l’éducation populaire

Quittant avec son épouse, elle aussi institutrice, et ses enfants la Seine et Marne à la fin des années 70 il vit et travaille quelques années en Mayenne. Dans un département conservateur, empreint de culture catholique, Jean-François est un actif animateur du grand combat laïque pour la défense d’une école publique unifiée, projet abandonné en rase campagne par le gouvernement de Pierre Mauroy en 1984. Revenu dans sa Brie natale il demeure un actif militant de l’Ecole Emancipée mais se tourne de plus en plus vers le monde associatif de l’éducation populaire. Il termine sa carrière professionnelle dans le Val de Marne comme animateur aux Francas (francs et franches camarades) avec la même envie de transmette ses valeurs émancipatrices à la jeunesse.

A la recherche d’un nouveau parti des travailleurs et des exploités

Avec courage, l’auteur nous fait également part de son expérience d’entrisme au sein du parti socialiste. A la demande de la LCR il rejoint les rangs du courant chevènementiste Socialisme et République en Seine et Marne et devient, à ce titre, membre du bureau fédéral du PS 77 entre 1988 et 1991. Il s’engage corps et âme dans la lutte contre la guerre du Golfe, tente d’entrainer les militants PS sur sa ligne avant de rallier le MDC crée par JP Chevènement en 1993. Il rompra vite avec le mouvement qui se perd bientôt en tentant de rallier « les républicains des deux rives ». Sa rupture avec la LCR est consommée en 2001 après la scission de l’Ecole Emancipée. Après un court passage au Parti de gauche, Jean-François milite désormais au Parti ouvrier indépendant démocratique (POID), petit mouvement trotskiste très implanté dans le mouvement syndical. Mais là n’est plus l’essentiel de l’activité militante de notre camarade.

Avec le peuple au quotidien

En 2003, à l’heure de retraite il a créé, avec d’autres bénévoles, l’association Familles Laiques de Vaux le Pénil. En dix ans la structure s’est ancrée dans le paysage local en proposant des cours d’alphabétisation, de l’aide aux devoirs et des permanences « surendettement » dans tous les quartiers de l’agglomération melunaise. Le droit au logement et le refus des expulsions locatives est également une priorité dans l’action militante de Jean-François. Etre avec le peuple et organiser son combat sur des bases unitaires et laïques pour disputer le terrain aux mouvements religieux réactionnaires est devenu une des plus fermes convictions de Jean-François ces dernières années. C’est guidé par cette idée qu’il est élu à Vaux le Pénil sur la liste de gauche de Pierre Herrero, qui signe une belle postface à l’ouvrage, où il œuvre au développement des associations de la ville.

 

Ce livre est un témoignage éclairant sur une vie de combats pour une société égalitaire et démocratique en même temps qu’une volonté de transmettre le flambeau aux jeunes générations. J’ai moi-même côtoyé Jean-François ces dernières années et j’ai aimé sa passion, son énergie, son envie de changer le monde. Fermant l’ouvrage et songeant à notre camarade toujours actif pour faire reculer l’injustice ce sont les mots de Victor Hugo qui viennent à l’esprit lorsqu’il déclara en 1849 : « je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère. Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli ».

Julien GUERIN

Lire : Jean-François Chalot, Un itinéraire militant, le Scorpion brun, 8€

 

 

24/08/2015

Jeremy Corbyn, ou la reconquête du Parti Travailliste britannique par ses militants

 

Corbyn meeting.jpgDepuis quelques semaines un petit vent frais souffle dans les rangs parti travailliste britannique. En pleine campagne interne pour la désignation du nouveau leader du parti, tous les militants de gauche regardent avec espoir les débats outre-Manche. Après la défaite retentissante d’Ed Miliband en mai dernier et la réélection triomphale des conservateurs à la tête du gouvernement, beaucoup de travaillistes semblent vouloir ouvrir une nouvelle période pour leur mouvement.

 

Le blairisme, une impasse idéologique... et électorale !

 

Converti aux thèses néolibérales après sa prise de contrôle par les proches de Tony Blair en 1994, le parti travailliste sort politiquement et idéologiquement essoré de ces vingt dernières années. Coupant le parti de ses racines ouvrières et populaires, Tony Blair avait fait du New Labour le parti de la City, totalement aligné sur l’impérialisme américain en politique étrangère et au service exclusif de la finance en politique intérieure. Surfant sur la démoralisation d’un mouvement social mis à genou par Margaret Thatcher dans les années 1980, Tony Blair a pu ainsi se poser comme l’incarnation d’une gauche prétendument moderne durant ses deux mandats à la tête du Royaume-Uni de 1997 à 2007. Battus par David Cameron en 2010 les travaillistes comptaient se refaire une santé en désignant à leur tête Ed Miliband. Incapable de rompre avec le blairisme, Miliband ne fut jamais en mesure d’incarner une réelle alternative. La politique d’austérité agressive de Cameron inscrivant largement ses pas dans celle de Blair et Gordon Brown, le parti travailliste dans l’opposition s’est trouvé ainsi pris à son propre piège. Lors des élections législatives du mois de mai dernier les travaillistes ont été balayés dans leurs bastions traditionnels. Les classes populaires, n’attendant plus rien de leur ancien parti, se sont réfugiées dans l’abstention dans les grandes villes industrielles du Nord de l’Angleterre tandis qu’elles basculaient massivement en faveur du SNP (Parti National Écossais) dans des terres où les travaillistes recueillaient jadis leurs meilleurs scores. Les quatre millions d'électeurs perdus sous le gouvernement Blair ne sont pas retournés aux urnes. Le SNP, mouvement indépendantiste et récemment converti à l'anti-austérité n’a laissé au parti travailliste qu’un seul siège sur ses terres. Après un telle claque électorale, l’interrogation semble donc de mise dans les rangs de la gauche britannique.

 

 

 

Le retour du mouvement social

 

Ne nourrissant plus aucune illusion à l’égard de Blair et de ses successeurs, et en l’absence d’un réel parti de gauche alternatif, beaucoup d’électeurs de gauche ont longtemps continué d'apporter leurs suffrages au New Labour, mais l’argument de l’efficacité électorale vient de tomber. En parallèle, le mouvement social britannique s’est réveillé ces dernières années. Les coupes drastiques dans les budgets publics, les menaces du gouvernement d’interdire le droit de grève dans la fonction publique, les privatisations et l’état de délabrement des écoles et hôpitaux publics ont conduit les salariés à reprendre le chemin de la lutte sociale. Travailleurs du métro de Londres en lutte contre le travail de nuit, cheminots en grève pour de meilleures conditions de travail, fonctionnaires défilant par milliers contre les coupes massives en juin 2014, mouvements réguliers dans les petites entreprises pour de meilleurs salaires : la classe ouvrière a montré que son cadavre, que Thatcher et Cameron croyaient avoir piétiné pour toujours, bougeait encore.

 

Jeremy Corbyn, ou le chemin vers la gauche ?

 

Cherchant une issue politique à ce regain de combativité beaucoup de militants travaillistes déçus ou résignés se sont saisis de la candidature de Jeremy Corbyn. Élu député en 1981 dans une banlieue ouvrière du nord de Londres, jamais lâché par ses électeurs depuis, ce partisan d’un travaillisme traditionnel a su saisir cette opportunité et remobiliser la base sociale de la gauche. Faisant résonner dans ses meetings des accents d’un discours que l’on entendait plus depuis des lustres en Grande-Bretagne, sa campagne pour prendre la tête du parti travailliste rencontre un écho grandissant. Syndicalistes, jeunes précaires, fonctionnaires paupérisés, travailleurs sacrifiés sur l’autel des cours de Bourse c’est à eux que Corbyn s’adresse en priorité. Défendant une hausse des salaires et une grande réforme fiscale frappant les plus riches, prônant la fin des privatisations et la renationalisation des postes et des chemins de fer et rappelant son attachement et sa volonté de redonner toute sa place au système de santé public et gratuit mis en place par le gouvernement travailliste en 1945, Corbyn puise ses références et son discours dans la longue et riche tradition du socialisme de gauche britannique. Laminé par Blair, la gauche travailliste relève la tête et des milliers d’anciens militants écœurés se sont réinscrits pour participer à la victoire de Corbyn. Dans son film L’esprit de 45 le grand cinéaste militant Ken Loach avait admirablement rappelé en 2012 les grandes conquêtes sociales obtenues par les travailleurs britanniques après la seconde guerre mondiale dans la foulée de la victoire électorale travailliste.

 

Sentant la situation leur échapper et la dynamique en faveur de Corbyn irrésistible, alors même que la réforme de la place des syndicats dans le parti au profit d'un fonctionnement « un homme, une voix » avait précisément pour but de favoriser les candidats les plus centristes, la vielle garde blairiste met en garde les militants contre « l’archéomarxisme » et tente désespérément de mobiliser ses réseaux, suscitant une campagne « all but Corbyn » mobilisant jusque Blair lui-même, sorti de sa retraite pour l'occasion. Une victoire de Corbyn le 10 septembre prochain serait une lueur d’espoir dans un contexte européen morose après le mémorandum imposé par les institutions européennes au peuple grec. Bien que cette possible victoire reste limitée et partielle par bien des aspects elle n’en marque pas moins le réveil de la gauche au cœur d’une grande puissance économique continentale.

 

La reconquête du parti travailliste par d’authentiques militants de gauche serait le signe que l’austérité est contestée du sud au nord de l’Europe et qu’une alternative politique s’enracine dans tous les pays européens. Dans un récent meeting tenu aux Pays de Galles Corbyn s’exprimait ainsi : « Je n’ai aucune honte à me dire socialiste, je n’ai aucune honte à être lié au mouvement syndical. C’est juste la première page d’un nouveau chapitre qui commence ». Nous soutenons d’ores et déjà Corbyn dans sa volonté de reprendre le drapeau d’un socialisme retrouvant enfin toutes ses couleurs.

 

Julien GUERIN (République et Socialisme 77)

 

 

 

PS :

 

Pour plus d'informations sur la campagne de Corbyn, sur la bataille du leadership au Parti Travailliste et sur la vie politique et sociale au Royaume-Uni en général, n'hésitez pas à visiter l'excellent blog Grey Britain.

 

29/05/2015

10 ans après le referendum de 2005

Victoire du non.jpgC'était le 29 mai 2005. Au terme d'une campagne référendaire âpre et tendue, dont le traitement avait été honteusement partial en faveur du "oui", le "non" l'emportait confortablement, avec 54,68% des suffrages exprimés. Les Français avait majoritairement rejeté le Traité Établissant une Constitution pour l'Europe (TECE), ceci alors que la quasi totalité des "partis de gouvernement" (UMP, UDF, PRG, PS, Verts) avaient pris position en sa faveur, alors que la quasi totalité des grands médias audiovisuels avait fait, sans trop prendre le soin de se dissimuler, campagne ouverte pour le "oui".

Face à l'unanimisme des puissants, les opposants au traité étaient caricaturés en chauvins étroits d'esprit, réactionnaires et frileux. Pourtant, si la droite souverainiste et l'extrême-droite avaient bel et bien pris position contre le TECE dès le départ, c'est à gauche que la victoire du "non" a été acquise. Sans la dynamique unitaire des Collectifs pour un non de gauche, sans leurs multiples initiatives partout en France pour expliquer le contenu de ce traité, ses conséquences, ses inspirations, jamais une large majorité de sympathisants de gauche (70%) n'aurait voté contre ce texte, et jamais le "non" n'aurait été majoritaire au soir du 29 mai.

C'est par la dynamique unitaire à gauche que la victoire a été conquise.

Sans elle, les secteurs du Parti Socialiste et des Verts qui avaient été mis en minorité n'auraient jamais osé faire campagne contre la décision majoritaire de leurs camarades. Sans elle, les liens entre les différentes galaxies de la gauche radicale seraient restés au stade embryonnaire. Sans elle, la perspective alternative à gauche serait restée lettre morte. Sans elle, tant et tant de nos concitoyens indécis se seraient abstenus ou auraient suivi le vent dominant plutôt que de voter contre ce traité.

Certes, la victoire du "non", si elle a mis un premier coup d'arrêt à laSarkhollande.png ratification du TECE (le coup d'arrêt définitif étant venu avec le rejet encore plus massif du traité par les citoyens néerlandais), n'a pas débouché pour autant sur un bouleversement radical du paysage politique. Les atermoiements et les querelles de chapelle et d’égos ont tué dans l’œuf la perspective ouverte par les Comité antilibéraux. En 2008, le Traité de Lisbonne et ses protocoles additionnels, ratifiés par la voie parlementaire par la majorité de droite renforcée d'une grande majorité des parlementaires du PS, ont repris l'essentiel du contenu de ce texte rejeté explicitement par les Français trois ans auparavant. Une forfaiture insigne. Les deux présidents élus en 2007 puis 2012 avaient fait en 2005 la couverture de Paris Match, habillés à l'identique, pour soutenir béatement la même position. Malgré l'émergence du Front de Gauche en 2009 et le bon résultat de son candidat Jean-Luc Mélenchon en 2012, la gauche radicale demeure loin encore de pouvoir prétendre à être en tête de la gauche, sans parler d'atteindre une majorité dans le pays.

Pourtant, cette date du 29 mai 2005 ne doit pas être oubliée. Elle ne doit pas être abandonnée aux conservateurs. La portée de l'événement ne doit pas être niée. Nous avons fait la preuve qu'il était possible de conquérir une majorité d'idées sans sombrer dans les travers de la personnification, de la démagogie et de la caricature. Nous avons fait la preuve que la victoire viendra de la conviction apportée au peuple français, qui est un peuple mature, parfaitement en mesure d'assumer sa souveraineté. Nous avons fait la preuve que l'unité de fond sans soucis des étiquettes est une dynamique victorieuse.

 

Dix ans après cette victoire, le combat demeure à l'ordre du jour. Les oligarchies gouvernementales qui décident de la politique européenne sont certes traumatisées, mais elles persistent dans leurs volontés autoritaires d'imposer aux peuples européens leur voie libérale.

Mais en cette année 2015, nous voyons surgir des fissures béantes dans leur domination jusqu'ici sans partage. En Grèce, un gouvernement de gauche radicale se dresse et résiste contre la volonté unanime des gouvernements soumis au consensus de Bruxelles. En Espagne, les secousses se multiplient, au travers desquelles se profile la perspective d'une alternative de gauche. De même en Irlande. C'est d'abord chez les peuples qui ont le plus souffert des ravages du libéralisme débridé que les peuples se relèvent.

En France, le Front de Gauche peut et doit être le noyau d'un vaste mouvement d'irruption du peuple, à vocation majoritaire pour mener ici aussi une politique alternative. C'est possible, nous l'avons démontré il y a tout juste dix ans. C'est notre responsabilité devant l'histoire.

 

Alexis Martinez

28/05/2015

Forum européen des alternatives - 30 et 31 mai 2015 - Place de la République

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Le programme des deux jours (format .pdf).

25/01/2015

Victoire de SYRIZA en Grèce : la lutte contre l'austérité prend une dimension nouvelle

SYRIZA.pngNous saluons la victoire de SYRIZA en Grèce lors des élections législatives. Après cinq années d'échecs de la politique d'austérité menée par les socio-démocrates et la droite, qui ont plongé les Grecs dans les affres de la pauvreté et du chômage, qui ont détruit des pans entiers des services publics, qui ont poussé à vendre à vil prix les infrastructures publiques à des intérêts privés, sans pour autant accomplir aucun de leurs objectifs proclamés, cette victoire électorale est une bouffée d'air frais pour le peuple grec, qui sort enfin la tête de l'eau et peut recommencer à espérer.

Mais les enjeux de cette victoire dépassent les frontières de la Grèce. Avec la victoire de SYRIZA, pour la première fois, la gauche radicale parvient au gouvernement dans un état européen. Si la tâche à accomplir est immense et les obstacles nombreux, elle inaugure cependant une nouvelle séquence de la vie politique sur le continent européen. Déjà, les regards nombreux se tournent vers l'Espagne, où Podemos et Izquierda Unida pourraient créer la surprise, vers le Portugal, vers l'Irlande, ou encore vers... la France.

Partout en Europe, la lutte que mène la gauche qui n'a pas honte de son identité et a le courage de ses convictions contre les politiques d'austérité et leur cortège de détresse sociale vient de prendre une nouvelle dimension. La victoire de SYRIZA rend le changement possible dans tout le reste de l'Union Européenne.

 

En France, la gauche l'a emporté en 2012, et si le chemin emprunté depuis lors par le gouvernement va à l'encontre de la volonté de la grande majorité des électeurs qui l'ont mise aux responsabilités, une majorité conforme aux aspirations populaires est toujours possible. Plutôt que de s'enferrer dans une logique de capitulation devant le patronat et l'orthodoxie budgétaire et économique, en maintenant une ligne politique qui contredit un à un tous les combats de la gauche, ce qui lui vaut une animosité croissante dans ses propres rangs dont le phénomène des "frondeurs" du Parti Socialiste et le départ d'Europe Écologie Les Verts du gouvernement sont la manifestation, proprement inédite dans notre histoire, le président de la République et son gouvernement peuvent s'appuyer sur la majorité de gauche élue le 17 juin 2012, avec et y compris les députés du Front de Gauche, pour mener une politique répondant aux besoins des Françaises et Français.

Que la volonté s'en manifeste à la tête de l'état ou non, les rapprochements en vue de former une majorité de gauche pour mener une politique de gauche ont lieu. Ils trouvent dans la lutte contre l'austérité leur terreau. SYRIZA fait la démonstration que cette volonté peut et doit servir d'aiguillon à une politique de gauche digne de ce nom. Ses soutiens en France, qui se retrouvent dans toutes les familles politiques de la gauche, l'ont compris.

 

L'alternative à gauche ne saurait cependant se limiter à un rapprochement partidaire et parlementaire, si fondé soit-il. C'est d'abord et avant tout des citoyens qui se sentent une conscience de gauche qu'elle s'élaborera. L'initiative des Chantiers d'Espoir va dans le bon sens, mais il faut également une mobilisation dans les luttes contre l'austérité.

À cet égard, la grande bataille du moment est celle contre le projet de loi Macron. Des convergences impensables il y a seulement un an ont déjà lieu en ce moment-même sur le sujet. La lutte contre ce projet destructeur et mortifère est aujourd'hui fondamentale ! Il s'agit de contrer la pointe avancée du libéralisme et des reculs sociaux au nom d'une "efficacité économique" jamais démontrée.

En prenant part demain lundi 26 janvier à la manifestation initiée par l'inter-syndicale CGT-FO-FSU-Solidaires, nous fournirons la démonstration que l'unité de la gauche peut se faire sur la base de la lutte contre l'austérité et pour le progrès humain et social.

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Tous dans la rue demain !

 

Alexis Martinez,

République et Socialisme 77

20/12/2014

Déclaration du Front de Gauche sur les élections départementales

Logo FdG RVB.pngLe 17 décembre 2014

 

Les élections départementales de mars 2015 seront un test politique important.

Elles interviendront dans un contexte d'aggravation de la politique libérale conduite par le président de la République et son gouvernement, une politique au service du MEDEF dont  le cours autoritaire face aux luttes populaires renforce le discrédit sans précédent de l’exécutif.

La crise politique s’aggrave de jour en jour, la base sociale du président et de son premier ministre ne cesse de se réduire. Ce pouvoir est aujourd'hui minoritaire dans le cœur de celles et ceux qui restent attachés aux valeurs de la gauche. Minoritaire dans le peuple, sans majorité absolue à l’Assemblée Nationale, battu au Sénat, l’exécutif n’a pas la légitimité pour appliquer une politique, contraire à ses engagements électoraux, qui divise et décourage le monde du travail, les classes populaires et la jeunesse.

Cette crise politique est désormais une crise de régime, celle de cette monarchie présidentielle qu’est la 5ème République.

Pour les populations déjà durement éprouvées, les conséquences sont très lourdes. Les départements sont en effet un maillon essentiel des politiques publiques dans notre pays. Avec 72 milliards d'euros de dépenses chaque année, ils gèrent notamment toutes les politiques sociales : assistantes sociales, versement des allocations de solidarité (RSA, APA, PCH, ...), placement et suivi des mineurs étrangers, politiques en direction de l'enfance en danger, PMI, etc...

Cette situation est d’autant plus dangereuse qu’elle ouvre la voie au retour d'une droite confortée dans ses choix réactionnaires ; elle permet au Front national en masquant ses véritables objectifs, de se présenter comme une alternative.

Le Front de gauche s'oppose à la fois  à la politique d’austérité menée par le gouvernement et à l’offensive de la droite et de l'extrême droite.

En dépit de multiples protestations, l'existence même des départements  est menacée.  Manuel Valls  passe en force.

Pourtant  le nouveau découpage des cantons est l'objet de nombreux recours auprès de la justice, le sort réservé aux départements en liaison avec la mise en place des métropoles n'est pas connu et les compétences  des conseillers départementaux n'ont pas encore été clarifiées. 

La réforme territoriale mise en place cherche uniquement à répondre aux impératifs sans fin de compétitivité des grandes entreprises, par la mise en concurrence des territoires, l'éloignement des citoyennes et des citoyens de leurs élu-e-s, la mise en cause des services publics pour  préparer leur externalisation et le transfert de tout ce qui est rentable pour satisfaire aux exigences financières des groupes privés. Elle rompt avec les principes républicains d'égalité et de solidarité territoriale. Le soi-disant « choc de simplification » est une recentralisation qui se fait au détriment du bien commun que constitue la démocratie locale. Il s’agit en réalité d’un processus « dé-constituant » qui mine toujours plus la souveraineté populaire.

Cette réforme s'inscrit dans le cadre des politiques d'austérité qui cherchent à soumettre toute l’Union européenne aux exigences des marchés. Les collectivités territoriales sont sommées de réduire leurs dépenses et leurs effectifs, condamnées à voir leurs dotations drastiquement réduites alors qu'elles assurent 70% de l'investissement public et jouent un rôle indispensable en période de crise pour les populations.

Déjà des coupes budgétaires touchent de nombreux secteurs. Le financement des associations, les politiques culturelles et sportives sont remises en cause.

En supprimant « l’entrave à la concurrence » que constitue la clause de compétence générale des collectivités, le gouvernement est cohérent : il s’inscrit dans le cadre de la négociation du Grand Marché Transatlantique (TAFTA).

Il faut ouvrir une autre voie.

Le FdG veut être un outil au service de cet objectif.

Le Front de gauche appelle à susciter la plus large implication citoyenne possible, bien au delà des partis politiques,  de celles et ceux qui opposent la nécessité de politiques alternatives aux choix de ce gouvernement, qu’il s’agisse de syndicalistes, de personnalités de la vie associative ou de simples citoyen-ne-s engagé-e-s.

Mobilisons-nous pour sauvegarder et promouvoir les politiques publiques de solidarité que nos élu-e-s  se sont efforcé-e-s de mettre en œuvre dans de très nombreux territoires, pour faire échec aux politiques d'austérité et à la réforme territoriale.

Mobilisons-nous pour développer une démocratie de proximité, ajustée aux besoins et à l'expérience des citoyens.

Nous les appelons à ne pas traduire leur déception par l’abstention, à contribuer par leur vote à faire émerger une alternative de transformation sociale et écologique dans tout le pays, à faire élire de nombreuses élues et élus qui défendront ces orientations dans les collectivités locales en empêchant la droite et l’extrême-droite de gagner la très grande  majorité des départements.

Au plan national nous entendons prendre appui sur ces élections pour mettre en mouvement une force capable de construire l'alternative nécessaire à gauche, en nous appuyant sur les luttes et les résistances qui s'opposent à la politique suivie et que nous entendons contribuer à développer.

Rien n’est possible sans la mise en mouvement du peuple, sans la mise en mouvement des citoyennes et des citoyens qui aspirent à un renouveau de la politique.

C’est sur ces bases que le FdG entend impulser des candidatures citoyennes dans tout le pays.

Nous n’entendons pas le faire seuls.

C’est pourquoi nous, l’ensemble des composantes du FdG, nous nous adressons à tous nos partenaires potentiels de la gauche et de l’écologie qui refusent la politique du gouvernement. Nous voulons construire ces candidatures avec celles et ceux dont l’engagement associatif ou syndical témoigne de la volonté d’imposer une autre politique.

Ensemble, nous pouvons résister à l'austérité, promouvoir la démocratie locale et l'intervention citoyenne, contre la réforme territoriale. Nous voulons gagner des élus prêts à agir sur ces bases pour construire de nouvelles majorités anti-austérité dans les Conseils Départementaux.

Le FdG invite toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans cette démarche à construire des candidatures de large rassemblement en s’appuyant sur des assemblées citoyennes, au niveau des cantons, pour discuter et décider  dans la concertation du contenu des propositions et des candidatures. Cette démarche contribuera à impulser une  dynamique populaire indispensable pour gagner.

Le FdG propose que l'ensemble de ces candidatures soit identifié nationalement par une appellation et des propositions inscrites dans un document qui fasse référence. Dans chaque département ces candidatures se présenteront comme une alternative à celles des forces qui soutiennent la politique gouvernementale.

Le FdG entend contribuer à cette construction commune en proposant des actions et des mesures permettant de répondre aux urgences sociales et écologiques actuelles.

  • Agir contre les politiques d'austérité dans les départements, contre la réduction des dotations aux collectivités locales imposées par le gouvernement, contre les diktats de l'Europe.
  • Dans l’esprit de la VIème République à laquelle nous aspirons, combattre la réforme territoriale et donner plus de pouvoirs aux citoyens par une démocratie participative de proximité. Construire une véritable coopération de projets entre les territoires, basée sur la solidarité et non sur la concurrence.

Nos élu-e-s respecteront des principes susceptibles de rétablir la confiance en la politique par de bonnes pratiques de gestion, la transparence des décisions, la participation citoyenne, les compte rendus de mandat, l'exigence de probité, la lutte contre le trafic d'influence, et tendre vers le non cumul des mandats.

  • Soutenir les mobilisations contre l’austérité, ainsi que celles qui promeuvent un nouveau type de progrès humain durable, non productiviste, respectueux de la planète, tourné vers la satisfaction des besoins sociaux, l'égalité hommes-femmes.
  • Affirmer notre solidarité avec les mouvements sociaux contre la  répression patronale ou gouvernementale et la criminalisation de ces mouvements.

Définir les grands axes d’une politique alternative à l’échelle des territoires :

  • Réforme globale de la fiscalité locale permettant plus de justice et mettant à contribution les actifs financiers des grandes entreprises.
  • Construction entre les départements, les communes et l’État, de politiques  publiques de solidarité et notamment  d'un véritable service public d'aide à la personne dans lequel l'Etat assurerait la responsabilité du financement des allocations sociales en se basant sur la solidarité nationale.
  • Mesures d’urgences pour les collectivités qui sont asphyxiées financièrement, en leur permettant l'accès à des crédits à taux bas, comparables à ceux que la BCE distribue aux banques (0,05%) et en refusant le paiement des emprunts toxiques.
  • Engager une transition écologique dans chaque département en matière de transports publics, de soutien à l'agriculture paysanne, de protection de la biodiversité, de gestion naturelle des massifs forestiers, de désobéissance aux règles européennes de libre échange et de privatisation des sous-sols (GMT-TAFTA)...
  • Nous refusons les projets qui ne répondent pas à l’intérêt général et sont écologiquement nuisibles et exigeons le recours au référendum quand un projet  local est contesté.