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09/02/2016

Redécouvrir Eugen Debs une des sources d’inspiration de Bernie Sanders

Les récents succès de Bernie Sanders lors des élections primaires américaines et l’enthousiasme militant grandissant autour de sa campagne font redécouvrir à des milliers de personnes qu’une gauche combative existe bel et bien au cœur de la première puissance capitaliste mondiale. Sanders reprend en réalité le drapeau du mouvement ouvrier américain, largement en berne depuis des années, mais plongeant ses racines dans une histoire vivante trop souvent ignorée. Les travaux du grand historien Howard Zinn et son Histoire populaire des USA avaient mis en lumière les luttes populaires, indiennes, paysannes et ouvrières qui ont jalonné les cinq siècles d’histoire de la jeune nation américaine mais qui sont relégués en marge d’une histoire officielle faite par les puissants. Dans cette longue tradition, la figure d’Eugen Debs occupe une place essentielle. A plusieurs reprises, Sanders s’est réclamé de l’héritage du leader du parti socialiste des Etats-Unis de la fin du XIXème et du début du XXème siècle.

Célébré par l’écrivain John Dos Passos qui en dresse un magnifique portrait dans son ouvrage Trilogie USA et remis récemment en lumière par le documentaire coréalisé par Daniel Mermet à partir du livre d’Howard Zinn, la belle figure militante de Debs est à redécouvrir.

Un syndicaliste de choc

Debs est né en 1855 dans l’Indiana. Son père est un bourgeois éclairé d’origine française qui transmet au jeune Eugen son amour du peuple et des textes progressistes de Victor Hugo et Eugene Sue. Malgré la fortune familiale, peut-être nourri de ces textes exaltant les valeurs populaires, Debs quitte l’école à 14 ans et devient conducteur de locomotive. Il s’engage alors à corps perdu dans la lutte syndicale dont les cheminots sont un des fers de lance. Secrétaire général du syndicat il se montre très attaché à la publication d’un bulletin en direction des différentes catégories de travailleurs. C’est dans cette visée qu’il crée en 1893 « l’American Railway Union » qui syndique dans une même organisation tous les ouvriers du rail, quelle que soit leur qualification. C’est cependant en 1894 que le nom de Debs apparaît sur le devant de la scène à l’occasion de la grande grève de la compagnie Pullman où les patrons règnent en maîtres. Face à une baisse de salaires de 28 % les cheminots se mettent massivement en grève et c’est bientôt toutes les lignes qui sont à l’arrêt. La grève paralyse le trafic et la distribution du courrier dans toute la région de Chicago. Le président américain de l’époque envoie la troupe à Chicago. La répression fait 13 morts, Debs est arrêté et emprisonné. La presse conservatrice se déchaîne alors contre Debs qualifié « d’ennemi de la race humaine » par le New-York Times.

Pour une représentation politique des travailleurs américains

En parallèle à la lutte syndicale, Debs est convaincu de la nécessité pour la classe ouvrière de faire élire des représentants lors des élections pour défendre ses intérêts propres. D’abord membre du parti démocrate, il est élu en 1884 à la chambre des représentants de l’Indiana. Après sa peine de prison où il découvre Marx, il quitte un parti qu’il juge trop modéré et qui n’a pas bougé un doigt pour le défendre lors de la grève des cheminots. Profitant de sa popularité issue de ce mouvement de masse, il lance en 1898 le parti socialiste démocratique des Etats-Unis dans le but explicite d’offrir une représentation politique digne de ce nom au monde du travail. Il juge que la fausse alternative entre démocrates et républicains doit être dépassée et que les salariés doivent disposer de leur propre parti. Son mouvement fusionne avec un autre petit groupe socialiste en 1901. S’adressant aux intellectuels progressistes comme l’écrivain Jack London qui rejoint ses rangs, aux syndicalistes, aux travailleurs immigrés, aux petits agriculteurs, le parti socialiste connait une certaine audience. Se réclamant du marxisme, le parti a néanmoins une pratique réformiste bien que se prononçant pour la nationalisation des secteurs clés de l’économie. Debs est candidat aux élections présidentielles de 1900, 1904, 1908 et 1912 où il obtient près d’un million de voix tandis que le parti socialiste parvint à faire élire deux députés nationaux. Fidèle à l’internationalisme ouvrier, Debs et les socialistes se dressent contre la première guerre mondiale. Ils mènent en 1917 une campagne résolue contre l’entrée en guerre des Etats-Unis. Poursuivi et condamné pour infraction à l’Espionnage Acte qui sanctionne toute entrave à l’effort de guerre américain, Debs se retrouve à nouveau derrière les barreaux en 1918. Condamné à dix ans de détention c’est depuis sa prison que le tribun se lance en 1920 dans sa cinquième campagne présidentielle. Dans des conditions difficiles il parvient à rassembler plus de 6 % des suffrages. Libéré en 1921, il rentre dans ses terres natales de l’Indiana en héros. Une foule immense accueille son retour au pays. Désormais considéré comme une figure morale de la gauche américaine Debs décède en 1926 dans l’Illinois.

Le socialisme en 2016 ?

Après 90 ans d’oubli et recul des idées de la gauche américaine dans un pays traumatisé par la guerre froide, la figure de Debs fait un fracassant retour sur le devant de scène avec la candidature de Bernie Sanders. Surfant sur le mouvement « Occupy Wall Street » de 2011-2012, dénonçant avec force les inégalités sociales et raciales qui minent le pays, le sénateur indépendant du Vermont électrise des salles de plus en plus nombreuses, à l’assistance toujours plus jeune. Déçus par l’expérience Obama, des pans entiers d’une population ne supportant plus la morgue de Wall Street se tournent vers le programme de Sanders. Sans être révolutionnaires, ses propositions font souffler un vent d’air frais sur la campagne américaine. Défenseur d’une véritable sécurité sociale pour tous, promoteur d’une réforme fiscale taxant hauts revenus et profits bancaires et augmentant les salaires, opposant résolu au traité transatlantique et aux guerres américaines en Irak, favorable à un accueil décent pour les immigrés et à un contrôle des armes plus stricts Sanders dénote dans un paysage politique droitisé, dominé par les questions religieuses et identitaires. Dans un meeting de 1910, Debs déclarait : « Je ne suis pas un leader travailliste ; je ne veux pas que vous me suiviez ou quoi que ce soit d'autre ; si vous cherchez un Moïse pour vous guider en dehors de la folie capitaliste, vous resterez exactement là où vous êtes. Je ne vous guiderais pas jusqu'à la Terre Promise si je pouvais, parce que si je vous y menais, quelqu'un d'autre vous en sortirait. Vous devez utiliser vos têtes comme vos bras, et vous sortir de votre condition actuelle ».

On dirait du Bernier Sanders en 2016 !

 

Julien GUERIN, République et Socialisme 77

08/09/2014

République et Socialisme à la Fête de L'Humanité les 12, 13 et 14 septembre

République et Socialisme sera présent à la Fête de L'Humanité les vendredi 12, samedi 13 et dimanche 14 septembre 2014.

 

Nous vous accueillerons dans notre stand, le numéro 540, situé dans l'avenue Auguste-Delaune, dans l'allée face à l'entrée principale, entre le Forum Social et l'Agora de L'Humanité.

 

Au programme : débats, discussions, vente de livres, café, etc, ainsi que deux conférences :

  • samedi, notre camarade Jean-Pierre Fourré, ancien député et auteur de Et si Jaurès était à l'Élysée ?, donnera une conférence consacrée à l'actualité de la pensée jaurésienne aujourd'hui, axée autour de quatre thèmes principaux : l'éveil des peuples, la République et la démocratie, la laïcité, et l'enseignement.
  • dimanche, notre camarade Luc Schaffauser, secrétaire fédéral CGT du Val d'Oise et secrétaire de la COFICT, donnera une conférence consacrée au mouvement social et à son débouché politique.

 

Nous vous attendons nombreux à ces deux événements !

 

Conférence Humanité Jaurès.png

Conférence Humanité Mouvement Social.png

28/07/2014

10 thermidor : il y a 220 ans les félons exécutaient sans jugement Robespierre et 104 autres révolutionnaires

Nous sommes aujourd'hui le 28 juillet 2014. Suivant la conception classique du calendrier républicain, nous sommes le 10 thermidor an 222. Il y a 220 ans avait lieu le premier d'une longue série de coups d'états institutionnels qui conduisirent la République vers la dictature militaire de Bonaparte puis l'établissement monarchique de l'Empire. Ce que l'historiographie a pris l'habitude de nommer "la chute de Robespierre" a inauguré une ère sombre dans l'histoire de France, une réaction comme on n'en avait jamais observé depuis le début de la Révolution, et dont les marques malheureusement demeurent encore présentes aujourd'hui.

Car si l'histoire officielle s'est rangée aux opinions des thermidoriens, transformant Robespierre en un tyran, en faisant le "Cromwell français", lui imputant la Terreur, elle-même dépeinte comme une abjection, l'idéologie dominante en a de même repris plusieurs de ses fondamentaux. C'est en effet durant cette période de brusque reflux de la vague démocratique qui jusqu'ici avait balayé tous les obstacles dressés sur sa route que se sont imposées des conceptions qui, aujourd'hui encore, gouvernent les consciences et la société toute entière. C'est sous l'égide des réactionnaires thermidoriens que fut érigée l'économie au rang de valeur inaliénable, que fut naturalisée l'inégalité entre hommes et femmes, que naquirent les premières théories racistes, que fut créée la distinction entre souveraineté populaire et souveraineté nationale, que furent vouées aux gémonies les modalités de délibération populaire collective, et tant d'autres choses qui constituent le noyau dur de l'idéologie dominante qui règne actuellement. Le capitalisme à peine naissant s'est développé et épanoui sur ces fondements, il a accru encore les inégalités sociales, il s'est appuyé sur les divisions des travailleurs pour en pousser l'exploitation à son paroxysme.

Rien que du fait que ceux qui le firent exécuter étaient les pires canailles qu'on puisse imaginer, on pourrait rendre justice à Robespierre. Mais sa valeur ne se limita pas qu'à ne pas être une canaille. Les idées mêmes qu'il défendit avec vigueur et sans faiblir durant sa courte existence politique méritent d'être saluées et qu'on persiste à s'y référer malgré l'opprobre imposée par les héritiers de ses ennemis. Son opposition résolue à la peine de mort, sa défense intransigeante du suffrage universel, son opposition irréductible à toute guerre d'agression, sa volonté intraitable de faire triompher le droit sur l'arbitraire, son refus de la résignation à l'ordre établi, tout cela fait de Maximilien Robespierre un grand républicain, digne d'éloge. Il était de plus d'un patriotisme ardent, refusant tout défaitisme même face à la perspective d'un danger imminent, et à l'heure du péril il répondit toujours présent.

Mais plus encore, il fut également un socialiste avant l'heure. Liant étroitement démocratie et émancipation, il professait des idées certes simples aujourd'hui mais qui étaient alors proprement révolutionnaires et qui inspirèrent pendant des décennies les premiers penseurs du socialisme du siècle suivant.

 

Dès son exécution, Robespierre était plus que lui-même. Il était devenu le symbole, l'étendard d'une cause dont les figures étaient multiples. Y sont indissociablement mêlés ceux qui périrent à ses côtés, mais également toutes celles et ceux qui, sans avoir pris part aux événements des 9 et 10 thermidor, reprirent après lui le flambeau, des insurgés du 1er prairial an III (20 mai 1795) à la Conjuration des Égaux de Babeuf et ses camarades, sans oublier toutes les révoltes anonymes qui furent broyées par la brutalité de la réaction, une brutalité sans commune mesure avec celle de la Terreur, mais qui se fit loin des lumières, sans jugements ni condamnations, toujours de manière sommaire et invisible. C'est dans la répression qu'est véritablement né le robespierrisme. Liant pour une même cause des mouvements divers, la répression donna à tous les révoltés un destin commun.

Et si la référence robespierriste a pu se faire discrète après les années 1830, elle n'a jamais disparu, toujours elle est demeurée, car toujours il s'est trouvé des républicains socialistes pour la ramener. Car au fond, le robespierrisme, c'est la lutte pour la République sociale. A l'heure où un gouvernement issu des rangs de la gauche s'attache à détruire et la République et le socialisme, l'affirmation de notre attachement à Robespierre, à ce qu'il fut autant qu'à ce qu'il représente, est une nécessité.

 

Alexis Martinez, République et Socialisme 77

16/06/2014

Faire revivre l'espoir à gauche en s'appuyant sur l'héritage de Jean Jaurès

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Les militants de République et Socialisme 77 se félicitent du succès de la conférence-débat organisée à Melun le vendredi 13 juin. Avec Jean-Pierre Fourré, ancien député de Seine et Marne, auteur d’un petit ouvrage sur Jaurès et membre de la direction nationale de République et socialisme, nous avons tenté de faire revivre, le temps d’une soirée, la pensée et l’action du tribun, tout en les inscrivant dans l'actualité du moment politique que nous vivons. Assassiné il y a cent ans, le leader socialiste doit demeurer une référence pour la gauche française.

Promoteur d’une synthèse originale entre marxisme et République, alliant le souffle émancipateur de la grande Révolution française aux combats de la classe ouvrière en lutte pour sa libération économique, sociale et culturelle, analyser et actualiser la pensée de Jaurès permet, à notre sens, de refonder une gauche digne de ce nom. Après les renoncements du gouvernement devant le MEDEF, la finance et les institutions de Bruxelles il est urgent d’ouvrir des perspectives alternatives à notre camp. Au-delà des aspects historiques et des conflits d’héritages autour du député de Carmaux le débat avec l’assistance, composée de militants politiques et de citoyens ayant le cœur à gauche, a permis de puiser dans le corpus jaurésien des éléments d’unité et d’espoir.

Au terme de la soirée une évidence s’est imposée à tous : il est urgent de redécouvrir Jaurès, ses combats, ses textes et sa riche philosophie, dont l'actualité aujourd'hui est d'autant plus forte qu'ils sont de plus en plus oubliés, même en cette année de célébration de sa mémoire. Cela est d’autant plus nécessaire que République et Socialisme (membre du Front de gauche) inscrit son sillage dans celui de l'artisan de l'unité socialiste en remettant au cœur de la gauche les axes susceptibles de tourner la page de l’austérité : la construction d’une VIème République sociale et laïque, le soutien aux luttes sociales, le partage des richesses en faveur de ceux qui travaillent et la rupture avec une Europe libérale qui broie les souverainetés populaires.

Les militants de République et Socialisme 77 poursuivront inlassablement leur action en gardant à l’esprit une célèbre formule jaurésienne : « l’histoire enseigne la lenteur des grandes tâches mais elle justifie l’invincible espoir ».

Julien GUERIN

31/05/2014

Conférence-débat : Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?, à Melun le vendredi 13 juin à 20h30

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Il y a cent ans Jean Jaurès, figure tutélaire du socialisme français, tombait à Paris sous les balles d’un nationaliste fanatique. Le tribun était le dernier grain de sable susceptible d’enrayer la folle mécanique guerrière qui allait aboutir à la boucherie de 14-18.

Artisan de l’unité socialiste, orateur pacifiste, brillant intellectuel, ardent défenseur des droits sociaux ou de la laïcité, Jaurès reste une référence pour la gauche française. Revenir vers Jaurès c’est poser les bases de la reconstruction d’un socialisme vivant, internationaliste et anticapitaliste.

Jaurès n’appartient à aucun courant mais force est de constater que la politique menée depuis deux ans par un gouvernement se réclamant de la gauche tourne le dos à l’héritage légué par le député de Carmaux. Jaurès a toujours placé son réformisme révolutionnaire au service des salariés qui se sentent aujourd’hui floués par une politique de cadeaux au MEDEF.

République et socialisme, composante du Front de gauche, entend faire revivre la pensée et l’action jaurésienne pour en faire un corpus vivant et utile à nos combats actuels pour sortir de l’austérité, refonder une Europe des peuples et créer les conditions d’un monde débarrassé de la dictature de fer du capital.

Nous invitons tous les acteurs de la gauche melunaise, les syndicalistes et les citoyens à venir débattre avec Jean-Pierre Fourré (ancien député de Seine et Marne, responsable national de République et socialisme) auteur du livre Et si Jaurès était à l’Elysée ? le vendredi 13 juin à 20 H 30 à Melun à l’Espace Saint-Jean (place St jean).

Julien GUERIN (militant Front de gauche, République et socialisme 77)

 

 

Pourquoi Jaurès ?

 

L’homme de l’unité socialiste, l’orateur pacifiste, le brillant intellectuel, le député défendant avec fougue les droits sociaux et la laïcité reste une référence pour la gauche française. Assassiné le 31 juillet 1914 alors qu'il tentait d'éviter le déclenchement de la guerre, Jean Jaurès est resté jusqu'au bout l'artisan inflexible de la République sociale.
Nous ne voulons cependant pas faire de ce centième anniversaire la simple commémoration posthume d’un Jaurès muséifié et rangé au rayon des idoles d’un passé glorieux mais révolu. Au contraire, demeurer fidèle à l’héritage jaurésien, c’est rependre ses grands combats et relever haut le drapeau du socialisme démocratique et révolutionnaire.

 

Retrouvez l'événement sur Facebook.

 

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28/05/2014

S’atteler à la refondation de l’ensemble de la gauche pour la République sociale

Déclaration de République et Socialisme - 27 mai 2014

 

Les résultats des élections européennes sont sans appel.

Certes, une très courte campagne, suivant celle des municipales, n’a pas permis que s’installe un véritable débat. Les médias qui font mine de s’étonner, ont fait le nécessaire pour que toute velléité de débat public de fond soit mise sous le boisseau.

Ce scrutin indique :

  • un rejet de la politique manifesté par un fort taux d’abstention ;
  • un nouveau désaveu du libéralisme et de l’austérité ;
  • une nouvelle défiance des citoyens envers une Europe supranationale construite contre les peuples dans le seul but de laminer leurs conquêtes sociales ; 
  • l’installation durable du FN dans le paysage politique ;
  • l’écroulement de la gauche sociale-libérale ;
  • la non émergence du Front de Gauche comme recours possible.


Comment s’en étonner alors que les politiciens au pouvoir ont systématiquement ignoré la volonté populaire exprimée par les scrutins successifs y compris le référendum de 2005 ?

Comment s’en étonner alors que malgré le changement de majorité en 2012, malgré les défaites électorales dues à la continuité de cette politique aussi injuste qu’inefficace, le Président F. Hollande et son Premier ministre semblent n’avoir rien compris !

Comment s’en étonner quand le dogme européen pérennise la notion de concurrence libre et non faussée ? Quand la concurrence internationale pousse ou contraint des salariés à l’exil provisoire ou définitif  de leur pays et les dresse ainsi les uns contre les autres pour le plus grand bénéfice des multinationales ? C’est le terreau du FN : même s’il prétend défendre les salariés à Paris par un discours pseudo-social, il vote ou s’abstient sur les directives libérales à Bruxelles dont celle des travailleurs détachés.

Ce scrutin nous renvoie aussi à nos propres responsabilités : la reconstruction de la gauche alors que le Front de Gauche n’a toujours pas réussi ni à incarner une alternative crédible ni à capitaliser la colère populaire et le rejet de la constitution libérale européenne qui s’était manifesté en 2005.

Et pourtant Siryza, en Grèce, pays qui subit de plein fouet des mesures d’austérité draconiennes a réussi à s’imposer dans le paysage et à devenir la première force politique du pays. Et pourtant Izquierda Unida et Podemos en Espagne ont ébranlé le bipartisme qui y règne en maître depuis des décennies. Nos camarades nous montrent la voie

Nous devons trouver, en France, notre propre chemin : il passe par la refondation de la gauche dans son ensemble. Travaillons à rassembler ceux pour qui la gauche n’est pas le dumping social et fiscal, la baisse des solidarités, la casse des services publics, la destruction du code du travail et de la protection sociale.

Il faut reconstruire un projet donnant la priorité à l’emploi stable, à des salaires, des conditions de travail et environnementales corrects. Il faut mettre en place des solidarités locales, nationales et internationales permettant d’imposer l’intérêt des salariés et non celui du capital. La gauche c’est l’Humain d’abord. La gauche c’est la République sociale.

Ce fut le sens du combat de Jean Jaurès. C’est ce combat que nous devons reprendre et renouveler.

République et Socialisme entend y œuvrer dès maintenant.