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30/11/2013

Le 1er décembre, marchons pour la révolution fiscale !

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05/11/2013

En 2014, on fêtera le centième anniversaire de l'impôt sur le revenu !

L'année qui vient sera le 100ème anniversaire d'un élément essentiel de la République sociale : l'impôt sur le revenu. Le bimestriel indépendant mais engagé Fakir a, à cette occasion, publié un petit historique dont la lecture est vivement conseillée à toutes et tous.

Décrié, combattu, paré de tous les défauts et de tous les catastrophismes, l'impôt sur le revenu fut pourtant une idée populaire, réprimée par la mitraille mais revenant sans cesse, jusqu'à finalement s'imposer à l'aube de la Grande Guerre, en 1914, d'abord comme un supplément d'âme des plus riches, puis devenant enfin part intégrante de notre fiscalité. Après un demi-siècle de retard sur presque tous les pays d'Europe !
Aujourd'hui, l'impôt sur le revenu a mauvaise presse. Visible, il est facile pour les antifiscalistes de mobiliser contre lui, et les gouvernements lui préfèrent de loin les impôts indirects, certes moins justes et plus inégalitaires mais ô combien moins visibles. Il n'en est pas moins le cœur de ce que doit être une fiscalité républicaine sociale.

Le Front de Gauche l'a toujours placé au cœur de la révolution fiscale que le pays attend. Le programme L'Humain d'Abord, défendu lors de l'élection présidentielle par Jean-Luc Mélenchon et aux élections législatives par nos candidats communs, rompait avec la logique de perte du caractère progressif de l'impôt sur le revenu en créant neuf nouvelles tranches. Il renouait avec l'audace des Conventionnels de 1793 en proposant d'instaurer une limite au revenu annuel, à 360 000 € annuels.
Depuis maintenant trois décennies, les capitalistes ont fait triompher leurs vieilles lubies du XIXème siècle. Ainsi que le révèlent les travaux de Thomas Piketty, l'impôt est devenu en France globalement dégressif pour les plus riches. Cette situation ubuesque s'explique par l'adoption par les gouvernements successifs de
théories économiques guidées par les préjugés plutôt que par l'observation et la déduction. De crédits d'impôts en boucliers fiscaux, de niches fiscales en dispositifs exceptionnels, c'est à la fois le niveau de l'impôt qui a été abaissé pour les plus privilégiés et l'universalité de l'impôt sur les revenus qui a été remise en question.

Oui, une révolution fiscale est plus que jamais nécessaire !

François Hollande la promettait en janvier 2012 au Bourget. Moins d'un an plus tard, le fraudeur fiscal Jérôme Cahuzac, alors ministre du budget, l'annonçait faite dans les mesurettes gouvernementales. Une gigantesque arnaque pour les Français. La France n'a pas besoin d'une n-ième usine à gaz s'ajoutant à la strate désordonnée et poreuse des multiples dispositifs existant. Une remise à plat s'impose. Un nouvel impôt sur le revenu, fondé sur les principes de la justice sociale, doit voir le jour. Il ne faut céder sur rien aux privilégiés qui s'organisent pour rendre illégitime jusqu'à l'idée d'impôts.
La France a connu dans les années 1950 à 1980 un mouvement antifiscaliste à la fois radical et violent. Aujourd'hui, le mouvement des "bonnets rouges", détournement par la FNSEA et la grande distribution - alliées pour l'occasion - de la légitime colère des bretons contre les licenciements et les fermetures d'usines, est peut-être l'embryon d'une nouvelle campagne antifiscaliste.

Il faut tenir bon la barre et ne pas se laisser embrigader dans cette "contestation" menée dans l'intérêt de l'oligarchie.