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27/11/2013

Appel des Français de l’étranger pour la Marche du Ier décembre et la révolution fiscale

Non ! Nous, citoyens français résidant hors de France, ne pouvons tolérer la politique de réaction fiscale menée par le gouvernement Ayrault : une hausse des impôts et une augmentation de la TVA qui frapperont à nouveau les mêmes, les précaires et la classe moyenne, pour offrir dans le même temps 20 milliards de cadeaux fiscaux au MEDEF, sans contrepartie ! Manifestement, ce sont uniquement les injonctions de Bruxelles qui semblent dicter cette logique austéritaire. La dette, présentée comme une légitimation des politiques d’austérité budgétaire, n’est pas une fatalité, mais la conséquence d’un modèle économique basé sur la spéculation financière plutôt que sur la satisfaction des besoins humains.

C’est d’abord l’évasion et la fraude fiscale qu’il faut combattre, alors que des centaines de milliards échappent au fisc tous les ans. Il faut poursuivre ceux qui comme l’ancien ministre du budget Cahuzac cachent leur argent à l’étranger. Il faut aussi imposer ceux de nos citoyens les plus fortunés qui sont partis s’installer hors de France pour ne pas avoir à contribuer à l’effort national. C’est comme cela que l’on pourra inverser la logique de désengagement de l’Etat que le gouvernement Ayrault accentue en France et à l’étranger (démantèlement du réseau consulaire, scolaire et culturel).

Face à la multiplication des taxes, nous prônons une vraie révolution fiscale, pour un impôt progressif qui ne favoriserait pas les grands groupes au détriment des classes populaires, qui mettrait fin aux privilèges fiscaux des possédants et qui assurerait une juste répartition des richesses, dans un pays qui n’en a jamais eu autant de toute son histoire.

Dans nos pays d’accueil respectifs, nous combattons aussi ces politiques et la mise en place de taxes injustes qui pèsent sur les plus modestes comme la Bedroom Tax britannique ou l‘envolée de la TVA et des frais de justice en Espagne…

Nous appelons donc à se mobiliser massivement, lors de la marche pour une Révolution Fiscale, dimanche 1er décembre 2013, qui convergera vers le Ministère des Finances à Bercy.

Nous, Français de l’Etranger, unis par le contrat social universel qui nous relie à la République, appelons nos concitoyens de l’étranger à se mettre en mouvement, pour que résonne la révolte citoyenne du peuple français.

Premiers signataires

Michèle Parravicini, candidate FDG aux législatives 8ème circo FE, Grèce
François Ralle Andreoli, Bureau National Parti de Gauche, Espagne
Vincent Buard, Gauche Unitaire, Kenya
Jean-Louis Touton, enseignant, Gauche Anticapitaliste, Nigéria
Jean-Pierre Lohrer, retraité de l’aviation, Espagne
Tatiana Jarzabek, co-secrétaire dépt. FE Parti de Gauche, GB
Loïc Petitguillaume, adhérent de Français du Monde, Washington, Etats-Unis
Guillaume Delarue, informaticien, Grande-Bretagne
Claire Martin Hernandez, employée secteur humanitaire, Espagne
David Gomes, enseignant, Nairobi, Kenya
Anne Stambach, San Francisco, Etats-Unis
Hélène Koutsounouris, traductrice, Royaume Uni
Thomas Van Zvol, co-secrétaire dépt. FE Parti de Gauche, Belgique
Guillaume Mariel, libraire, Italie
Céline Meneses, Bureau National Parti de Gauche, Quito, Equateur
Jean-Baptiste Ribet, enseignant, Madrid, Espagne
Thomas Piton, enseignant, Madrid, Espagne

 

Pour une révolution fiscale !

05/11/2013

En 2014, on fêtera le centième anniversaire de l'impôt sur le revenu !

L'année qui vient sera le 100ème anniversaire d'un élément essentiel de la République sociale : l'impôt sur le revenu. Le bimestriel indépendant mais engagé Fakir a, à cette occasion, publié un petit historique dont la lecture est vivement conseillée à toutes et tous.

Décrié, combattu, paré de tous les défauts et de tous les catastrophismes, l'impôt sur le revenu fut pourtant une idée populaire, réprimée par la mitraille mais revenant sans cesse, jusqu'à finalement s'imposer à l'aube de la Grande Guerre, en 1914, d'abord comme un supplément d'âme des plus riches, puis devenant enfin part intégrante de notre fiscalité. Après un demi-siècle de retard sur presque tous les pays d'Europe !
Aujourd'hui, l'impôt sur le revenu a mauvaise presse. Visible, il est facile pour les antifiscalistes de mobiliser contre lui, et les gouvernements lui préfèrent de loin les impôts indirects, certes moins justes et plus inégalitaires mais ô combien moins visibles. Il n'en est pas moins le cœur de ce que doit être une fiscalité républicaine sociale.

Le Front de Gauche l'a toujours placé au cœur de la révolution fiscale que le pays attend. Le programme L'Humain d'Abord, défendu lors de l'élection présidentielle par Jean-Luc Mélenchon et aux élections législatives par nos candidats communs, rompait avec la logique de perte du caractère progressif de l'impôt sur le revenu en créant neuf nouvelles tranches. Il renouait avec l'audace des Conventionnels de 1793 en proposant d'instaurer une limite au revenu annuel, à 360 000 € annuels.
Depuis maintenant trois décennies, les capitalistes ont fait triompher leurs vieilles lubies du XIXème siècle. Ainsi que le révèlent les travaux de Thomas Piketty, l'impôt est devenu en France globalement dégressif pour les plus riches. Cette situation ubuesque s'explique par l'adoption par les gouvernements successifs de
théories économiques guidées par les préjugés plutôt que par l'observation et la déduction. De crédits d'impôts en boucliers fiscaux, de niches fiscales en dispositifs exceptionnels, c'est à la fois le niveau de l'impôt qui a été abaissé pour les plus privilégiés et l'universalité de l'impôt sur les revenus qui a été remise en question.

Oui, une révolution fiscale est plus que jamais nécessaire !

François Hollande la promettait en janvier 2012 au Bourget. Moins d'un an plus tard, le fraudeur fiscal Jérôme Cahuzac, alors ministre du budget, l'annonçait faite dans les mesurettes gouvernementales. Une gigantesque arnaque pour les Français. La France n'a pas besoin d'une n-ième usine à gaz s'ajoutant à la strate désordonnée et poreuse des multiples dispositifs existant. Une remise à plat s'impose. Un nouvel impôt sur le revenu, fondé sur les principes de la justice sociale, doit voir le jour. Il ne faut céder sur rien aux privilégiés qui s'organisent pour rendre illégitime jusqu'à l'idée d'impôts.
La France a connu dans les années 1950 à 1980 un mouvement antifiscaliste à la fois radical et violent. Aujourd'hui, le mouvement des "bonnets rouges", détournement par la FNSEA et la grande distribution - alliées pour l'occasion - de la légitime colère des bretons contre les licenciements et les fermetures d'usines, est peut-être l'embryon d'une nouvelle campagne antifiscaliste.

Il faut tenir bon la barre et ne pas se laisser embrigader dans cette "contestation" menée dans l'intérêt de l'oligarchie.